lundi 16 février 2026

Marcher seule la nuit

Beaucoup d'événements ce dernier mois  m'ont tenue hors de portée de ce blog. Je n'en donnerai pas le détail ici. Je vais plutôt me concentrer sur la question de l'écriture. 

Je viens de voir le film A pied d'œuvre, tiré du livre éponyme dans lequel l'auteur  Frank Courtès traite de la précarité des écrivains. C'est hélas la dure réalité. La plupart des auteurices touchent de 8 à 10% sur la vente de leur ouvrage, soit moins de 2 euros. 67% ont un travail plus ou moins rémunérateur pour survivre. 



C'est le cas de Paul le personnage du roman de Courtès, interprété à l'écran par Bastien Bouillon. Ancien photographe, il a abandonné son métier, plutôt lucratif, son appartement bourgeois, pour se consacrer à l'écriture. Sa décision mal vécue par sa famille, l'entraine peu à peu dans la précarité. On lui prête un studio dont le soupirail donne sur la rue et les jambes des passants.. Il vit de petits boulots après s'être inscrit sur une plateforme où on décroche de quoi assurer le couvert en étant le mieux offrant c'est à dire en acceptant le salaire le plus bas. Il devient pauvre même si sa sœur qui a suivi le chemin vers l'aisance consommatrice lui refuse ce qualificatif. Il n'est pas un vrai pauvre. "Je suis à la misère ce que cinq heures du soir en hiver est à l'obscurité : il fait noir mais ce n'est pas encore la nuit. Est-on un écrivain quand on n'est pas édité ? Ce n'est pas son cas puisque son éditrice le presse pour qu'il écrive son prochain livre,  son quatrième, tout de même. Il a reçu une avance mais ce qu'il propose ne convient pas. En attendant il se casse le dos à déménager des armoires, à dessoucher des buis jaunis de leurs jardinières sur un balcon d'un appartement huppé, ou servir de taxi en empruntant la voiture de son père qui est excédé par son parti pris. La pauvreté mais la liberté d'écrire. En choisissant de n'être engagé que par occurrences ponctuelles, il garde du temps pour écrire. La réalisation de Valérie Donzelli est toute de finesse et  Bastien Bouillon incarne cet écrivain obstiné avec sobriété,  sa voix off en commentaire de ses péripéties avec les clients est naturellement intégrée, la photographie d'Irina  Lubtchansky  est superbe. On sort du cinéma avec l'envie de se procurer le livre de Courtès. 

Pur hasard, ce jour, je visite le blog de  Philippe Annocque . Je suis un écrivain indépendant déclare-t-il. "Le fait que cette expression ne corresponde à aucune réalité officielle ne fait que me le confirmer"[...] Le tout sociétal, qui conditionne la visibilité de la littérature d’aujourd’hui, du roman bien sûr mais souvent même de la poésie, il ne s’en soucie pas. Non que les sujets sociétaux ne l’intéressent pas a priori ; ce sont plutôt les a priori qui ne l’intéressent pas.

J'ai lu avec bonheur ces deux livres formidables

                        

Au passage la traduction française introduit un terme qui n'existe pas dans les versions originales "Sleepless. Discovering the power of the night self « Insomnie. Découvrir le pouvoir du moi nocturne. » et Windswept : Walking in the Footsteps of Remarkable Women" Emportées par le vent. Dans les pas de femmes remarquables.   Sans doute la traductrice Béatrice Vierne en faisant ce choix "méfiez vous", voulait-elle souligner que les artistes rassemblées dans les deux recueils sont des femmes rebelles qui ont bravé les normes sociales leur interdisant l'indépendance et la liberté dont les hommes jouissent "naturellement". Les récits de voyage à pied sont presque exclusivement ceux d'écrivains masculins. Quant à sortir la nuit, les femmes encourent soit d'être considérées comme de "mauvaise vie" soit de faire de "mauvaises rencontres ".  Peu de femmes ont fait le récit de leurs aventures de voyage à pied et la nuit reste dans l'imaginaire féminin un espace temps anxiogène. Annabel Abbs a cherché à faire émerger ces écrits qui l'ont accompagnée et soutenue dans la découverte d'un pouvoir et d'une assurance qu'elle ne pensait pas posséder. 

Annabel Abbs est une écrivaine britannique  dont les livres ont été multi primés. Ces deux livres datent de 2021(la marche) et  2024 (l'insomnie). L'autrice entremêle harmonieusement des éléments de son expérience, des références aux autrices qui ont été des marcheuses ou des exploratrices de la nuit sans sommeil et des apports scientifiques sur les domaines en question.
Elle rencontre l'insomnie à la mort de son père qu'elle adorait. Dans un premier temps cette rupture du sommeil, cette rencontre avec l'obscurité lui provoquent des angoisses alourdies des deuils récents dont elle ne parvient pas à guérir (si toutefois on en guérit jamais). Mais peu à peu elle apprivoise la nuit et parvient à combattre la peur du noir dont les femmes sont particulièrement affligées, pire encore s'il s'agit de marcher la nuit en forêt. Elle va à la rencontre d'écrivaines qui ont toutes écrit sur l'insomnie : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Anaïs Nin, Djuna Barnes et beaucoup d'autres dont elle cite abondamment les propos. 
Alors que "les connotations culturelles et religieuses de l'obscurité continuent à gronder dans l'ombre: l'ignorance, l'inconnu, la saleté, le danger, les déviances en tout genre, les diableries,  Annabel-de-nuit (c'est ainsi qu'elle se nomme ) découvre la transformation qui s'opère en elle. "j'ai fini par prendre goût à l'obscurité du dehors. J'adore la façon dont les parfums se déploient dans l'air nocturne. J'adore ma nouvelle acuité auditive qui me rend capable d'entendre les sons les plus minuscules et les plus oubliés. J'adore le sentiment de vivre si pleinement dans ma peau. J'adore la façon magique dont le nuit me calme [...] J'adore la faculté qu'ont les ténèbres de rendre ce qui est familier peu familier ce qui est connu inconnu. J'adore la façon dont le temps glisse et s'arrête -le passé disparaît, l'avenir cesse de geindre sans arrêt; chaque seconde est également chargée d'urgence. Ici. Maintenant. Totalement vivante.  
Plus tard, elle s'oblige à faire l'expérience de la marche en forêt la nuit donc à vaincre sa peur.

Le livre sur la marche a précédé de quelques années celui sur l'insomnie. On y rencontre certaines des références littéraires présentes ensuite parce que les marcheuses ont fait l'expérience de la marche nocturne. Annabel entreprend de revenir sur les pistes de leurs périples tout en passant en revue leur biographie. On va ainsi à la rencontre de Frieda von Richthofen , une aristocrate  (1879 - 1956) qui quittera son mari, ses trois enfants (qu'elles adorait ) et son confort bourgeois  pour vivre avec DH Lawrence jeune poète - alors sans le sou-, jusqu'à la mort de celui-ci en 1930. Ils inaugurent leur vie commune en entreprenant la traversée des Alpes à pied. Annabell accompagnée de sa famille (deux de ses quatre enfants et un mari plutôt conciliant ) entreprend de reprendre le parcours emprunté par Frieda et Lawrence pour comprendre ce qui a poussé cette femme à se lancer dans une telle aventure, bravant toutes les normes sociales de son époque, réalisant "une désertion spectaculaire de tout ce qu'elle avait été". Une recherche de soi, de liberté d'exister, de respirer, de jouir de solitude pour mieux créer, c'est ce qui rassemble la peintre britannique Gwen John, (1876-1939), l'écrivaine australienne Clara Wyvyan (1885-1976), qui organise des randonnées avec Daphné du Maurier, l'Ecossaise Nan Shepherd (1893-1991) surtout connue pour son ouvrage  "La montagne vivante ", la Française Simone de Beauvoir (1908-1986) et la peintre américaine Georgia O'Keeffe  (1887-1986). Ces femmes ont toutes en commun d'avoir refusé le rôle qu'on attendait d'elle à une époque où il était particulièrement difficile de s'affirmer comme femme libre de ses choix, libre de se déplacer et de vivre seule, libre de créer. Elles ont d'ailleurs souffert d'effacement, Frieda catonnée comme muse de Lawrence, Gwen  éclipsée de son vivant par son frère Augustus,  encensée  tardivement tandis que lui est désormais considéré comme moins talentueux. Clara a entrepris la descente du Rhône en trois mois en compagnie de sa fidèle amie Daphné du Maurier. On connaît la difficulté de Simone à maintenir son autonomie intellectuelle sans être obligatoirement associée à Sartre, jusqu'à ce qu'elle écrive le deuxième sexe. On trouve  le récit de ses randonnées en solitaire dans ses autobiographies. Georgia O'Keeffe a subi l'écrasement du photographe Alfred Stieglitz et quand celui-ci lui a préféré une jeune Dorothy Norman, elle s'est installée au Nouveau Mexique où elle a pu retrouver "les longues promenades au milieu d'immenses espaces sauvages battus par les vents" sources de son inspiration et de sa sérénité. 
O' Keeffe et toutes les autres  artistes du XXème siècle, pour pouvoir créer, éprouvaient un besoin de liberté qui entrait en conflit avec leur destin présupposé de femme d'intérieur.  
Annabel part chaque fois sur la piste de ces marcheuses et refait leurs périples mais dans d'autres conditions à l'ère du GPS et des espaces autrefois déserts et désormais occupés. Au Nouveau Mexique, cependant Annabell rencontre le grand vide si apaisant de la nuit, "dehors sous les étoiles, là où il y a toute la place voulue" selon les termes de Georgia.  
Ce livre m'a donné une furieuse envie de partir marcher, non pas dans ces conditions extrêmes, mais accompagnée d'une de mes amies. Je devrais réaliser cela au printemps. 

Actuellement nous sommes toutes et tous sous les trombes. Heureusement pour illuminer nos journées, il y a les livres ou les films. Vu Sirat somptueux mais éprouvant,  l'Affaire Bojarski   magnifique prestation de Reda Kateb dans le rôle du Cézanne de la fausse monnaie, affronté au commissaire Mattei, Bastien Bouillon (autre rôle), Gourou, Pierre Niney époustouflant dans un rôle d'arrogant coach, et plus léger Lol 2.0 un film sur les affres de la bourgeoisie, surtout agréable parce qu'on y retrouve Sophie Marceau et le petit fils de Belmondo, Victor, beau et sympathique comme son grand père. Le film est réalisé par la fille de Marie Laforêt, Lisa Azuelos  et joué par Thaïs Alessandrin  la fille de la réalisatrice. Eh oui, il y a des dynasties, désormais les princes et les rois se rencontrent sur les scènes de spectacle et de sport.   

Pour conclure deux vers d'un poème d'Elizabeth Austen, intitulé The Girl Who Goes Alone cités par Annabel propres à conjurer la peur que les femmes éprouvent à marcher seules : 
La fille qui marche seule dit avec son corps 
Que le monde vaut bien un tel risque.

lundi 29 décembre 2025

L'étoffe des rêves

Je suis noyée sous les travaux de rénovation. Les artisans se succèdent mais tous utilisent des perceuses, scieuses et autres outils percutants pour les oreilles et générateurs de poussière.  Après chaque passage, je dois nettoyer à  minima pour reprendre le cours de ma vie dans des conditions à peu près normales. Entre chaque intervention, je dois déménager ceci ou cela puis le remettre en place et bouger autre chose, sortir les livres des bibliothèques pour permettre aux ouvriers d'opérer, évacuer la salle de bain pour changer la fenêtre etc.    Tout ce charivari doit se conclure par un meilleur confort, murs isolés, climatisation performante, fenêtre double vitrage etc. Merci la prime Renov obtenue sur le fil mais qui laisse un reste à charge conséquent. Normalement la fin des travaux avant Noël, inutile de dire que j'ai hâte de pouvoir enfin m'occuper d'autre chose et retrouver un peu de paix dans la maison. Mon chat est du même avis, il déserte toute la journée.     

Qu'ai-je fait d'autre depuis mon dernier passage sous l'arbre ? 

Un petit tour à Paris pour délivrer un cours au CNAM auprès d'étudiants venant de plusieurs pays. Je m'étais ménagé un petit temps pour aller voir une expo; j'ai jeté mon dévolu sur L'étoffe des rêves  à la Halle Saint Pierre, un lieu qui accueille  un art décalé, un art brut. J'y ai vu plusieurs expos étranges dont une consacrée aux œuvres d'artistes locataires d'hôpitaux psychiatriques que j'avais visité avec ma fillote. Double plaisir. 


Quelques images qui m'ont frappée

Rita Arimont travaille avec fils en torsion




Sept silhouettes à taille humaine, hantées, sans visage, repliées sur elles-mêmes comme des momies, réunies sous le titre Solitude par la Belge Micheline Jacques (née en 1933) et réalisées à partir de nylon et de mousse.

Thérèse Chevalier (1939–2009), coud des vulves affirmées et des seins rebondis

Autre expo cette fois au Forum de ma petite ville du Tarn où se tient tous les ans un Festival des Arts. C'est toujours un vrai bonheur de découvrir la richesse de la créativité d'artistes tarnais ou plus largement occitan

Deux exemples de sculpture 

l'une de verre Carole Tournier

l'autre de terre Michel Alquier
 
Quelques livres en dépit du fait que je suis souvent morte de fatigue le soir. 
J'ai voulu lire Boualem Sansal. Harraga m'a semblé un bon premier à tenter. Ecriture puissante mais trop de hargne à mon goût. Il ne fait pas de cadeau à la clique au pouvoir, certes, il déteste la ville Alger, ses congénères (du moins son personnage, une femme qui défend âprement sa solitude qu'une "harraga" une qui "brule la route" vient faire exploser par sa présence foutraque, alors qu'elle a dans son ventre le résultat d'une vie de patachon éminemment réprouvée et donc dangereuse dans un contexte d'islamisme d'Etat. Une peinture au vitriol  non de l'Algérie mais du système. On comprend sans l'excuser que le pouvoir ait eu envie de le faire taire. Son passage à la Grande Librairie après sa libération montre un homme qui s'exprime avec une grande douceur et une vraie détermination.

Une découverte qui m'a fait beaucoup de bien. Lauren Bastide mêle son analyse historique de la construction d'une obligation pour les femmes d'être sous la tutelle du père ou du mari et ne peuvent s'en affranchir qu'en devenant veuve, à sa propre expérience. Vivre seule pour une femme est considéré comme une anormalité. Et les femmes elles-mêmes vivent leur solitude comme un échec et en souffrent    

  

Il est temps de transformer notre regard sur la solitude des femmes.
Les femmes ont mis des siècles à conquérir le droit d'être seules, à s'affranchir de la surveillance du père, du mari, de la société. Aujourd'hui, enfin, elles le peuvent. Mais leur solitude reste mal vue. Y compris par elles-mêmes, nombreuses à la vivre comme une souffrance ou un échec.
En mêlant analyse historique avec beaucoup de références bibliographiques  et récit personnel, Lauren Bastide invite à changer de regard sur les femmes seules : celles qui ne sont pas en couple, celles sans enfants ou dont les enfants ont " quitté le nid ", celles qui voyagent en solitaire, celles qui n'ont besoin de personne - ou essaient, en tout cas.
Il existe dans la solitude la promesse d'une émancipation, d'une estime de soi renouvelée et de la possibilité d'habiter le monde, enfin, à son rythme.

Apprès une interruption de dix jours liée en particulier aux travaux qui exigent après le départ des ouvriers une remise en état même sommaire des lieux induisant une certaine fatigue, je reprend l'écriture de ce post, décidément décousu.

Achevé la lecture d'un essai de Belinda Cannone "L'écriture du désir "

Belinda Cannone voit dans l'écriture la manifestation de notre volonté d'étreindre - le monde, la réalité rugueuse ou douce - et de célébrer notre présence au monde, notre désir de vivre.  

Pas d'idée dont les pages ne seraient que la traduction : seule l'intuition préexiste à l'acte d'écrire . Les mots sont l'idée. Sans mots, pas d'idées. 
Ce que nous cherchons dans la lecture c'est cette mise en mots qui nous offre l'opportunité de ressaisir ce qui est en nous mais peut être mis à jour grâce à l'écrivain qui a fait le travail de mineur de fond pour porter à la lumière les pépites dont nous sommes à la fois les héritiers et les  polisseurs. 

Dernière minute, mort de BB. Je n'ai jamais été subjuguée par sa beauté ou son talent. Elle a participé de cette mode du blond obtenu par décoloration qui a relégué les brunes dans la catégorie des "moches".  J'ai toujours préféré CC à BB (elles sont mortes à quelques mois d'intervalle). Bardot a certes été le symbole d'une certaine liberté, mais pour ce qui me concerne, mes égéries étaient plutôt Beauvoir et Sagan à l'époque de "Babette s'en va en guerre" (j'avais un petit faible pour Jacques Charrier). J'ai revu Le mépris, considéré comme un de ses meilleurs rôles Je trouve que le film a très mal vieilli. A part les citations dont Godard nous abreuve, l'intrigue est très pauvre, la dramaturgie assez poussive, la fin bâclée. Dans le documentaire qui était consacré à l'icone, j'ai surtout été émue par la vidéo où elle entoure de ses bras un bébé phoque, j'avais aimé à l'époque son combat et sa décision de quitter le milieu du cinéma pour se consacrer à la défense des animaux. Plus que ses films, sa Fondation est son grand œuvre.  Sur la fin de sa vie elle vivait relativement recluse, avait épousé un sympathisant du Front national et tenait des propos qui lui ont valu quelques procès pour propos racistes et homophobes. Une gloire nationale dont s'empare avec empressement l'extrême droite .

Pour se souhaiter immortel, il faudrait attacher beaucoup d'importance au Moi, il faudrait croire que nous ne sommes pas cette petite coque légère, capable d'embrasser l'univers mais si fragile, si éphémère. Belinda :118.

J'allais oublier. dans quelques jours nous entrons dans une nouvelle année. Je nous souhaite de peaufiner notre art de la joie. 



vendredi 24 octobre 2025

L'EmanciPASSION



J'entre dans une nouvelle aventure, avec gourmandise.

Pierre, de l'Usinotopie , a lancé un projet de tiers lieu culturel l'EmanciPASSION  installé dans les locaux des Plasticiens volants, une ancienne mégisserie désaffectée dont les bâtiments sont adaptés à la création des sculptures aériennes gonflables avec lesquelles ils créent des dramaturgies proposées au public du monde entier. 

Pierre donc, après quelques consultations auprès des habitants, a proposé afin de commencer à donner chair à ce projet de mise en lien des artistes avec les habitants sur la ville et au-delà, de participer à La fête des possibles.   

 


 Quelques présentations en préalable

"L’UsinoTOPIE est une fabrique des arts de la marionnette, aujourd’hui implantée à Graulhet après dix-huit années d’aventure à Villemur-sur-tarn. Elle se consacre à la création, la transmission et l’accompagnement des projets marionnettiques, en cultivant une approche singulière : expérimenter, chercher des formes nouvelles, encourager les rencontres et tisser des liens sur le territoire. En dialogue étroit avec l’EmanciPASSiON, tiers-lieu artistique et citoyen en gestation, l’UsinoTOPIE avance pas à pas : avec humilité mais avec une détermination profonde, fidèle à une posture de résistance douce et à l’envie de faire germer d’autres manières de créer et de partager." (Extrait du site)

Le projet de la Fête des Possibles est porté par le Collectif pour une Transition Citoyenne et ses organisations membres et partenaires. La Fête des Possibles ce sont des centaines d’évènements organisés chaque année partout à travers la France et la Belgique pour rendre visibles toutes les initiatives citoyennes qui construisent une société plus durable, humaine et solidaire. (Extrait du site).

En l'occurrence celle de Graulhet s'est tenue du 8 au 12 octobre. Le programme a été bouclé en à peine deux mois. En participant à son élaboration, j'ai eu le plaisir de découvrir la richesse du réseau d'artistes du territoire et ainsi de tisser des liens avec quelques uns d'entre eux. J'ai découvert les créations d'Isabelle Guérin qui exposait au sein du lieu de l'EmanciPassion. Je lui ai demandé une reprographie du tableau ci-dessous. Elle en vendait au cours de son exposition, plus accessibles aux bourses plates, mais celle-ci n'existait pas. A suivre


La photo n'est pas excellente mais l'humour est intact @ ZL

Dans le même espace Ugo Ratti exposait ses sculptures sur bois. Il m'a confié qu'il aimait particulièrement travailler le buis. Ci-dessous un exemplaire avec en arrière plan une peinture d'Isabelle.

Le buis travaillé par Ugo Ratti @ZL

Les clowns crieuses ont animé le marché avant et pendant les journées de la fête. Elles ont séduit petits et grands pour les informer de tout ce qui se passait dans leur ville

Clown un jour, clown toujours @Pierre Gosselin

Jess Bird avait affiché de grands calicots porteurs de  poèmes sur les fenêtres d'habitants volontaires. Une vingtaine de ces messages ont circulé ainsi dans la tête de ceux qui la levaient vers le ciel. 


Jess Bird, diseuse des possibles @Pierre Gosselin

La soirée inaugurale a drainé un public d'aficionados de Bal Trad et particulièrement de l'accordéoniste Rémi Geoffroy. Nous avons été stupéfaits et ravis de voir arriver plus de 250 personnes qui ont envahi la piste dès qu'il a émis ses premières notes et ne l'ont quittée que lorsqu'il est venu jouer au milieu des danseurs une mazurka clôturée par une délicate coda.  
 
Il ne m'est pas possible de rendre compte de toute l'effervescence poétique qui a surgi au sein des multiples lieux partenaires, juste les citer ici : l'Autrucherie, librairie café où j'ai eu le plaisir de présenter mon livre, le Labo M où Les Vidéophages nous ont offert une série de courts métrages dont un absolument hilarant intitulé "Rien de grave" un menuet,  musique de Lulli, dansé par huit couples,  avec toute la componction nécessaire mais sur un parquet boueux, avec un maître de cérémonie impitoyable qui relance la musique dès qu'elle s'arrête. Totalement burlesque et irrésistible. 

L'Uzine  a accueilli Anne Maitrejean en concert, puis un repas partagé la Soupe aux cailloux,  et enfin le Little Big Circus dont je ne peux rien dire, j'étais partie me reposer.
La Calida offrait un thé et de délicieux gâteaux pour mieux faire connaître ce hammam, situé en centre ville et très accueillant. Je n'ai hélas pas eu le temps d'en bénéficier, mais ce n'est que partie remise.
 
La Calida @ZL


La Closeraie accueillait les vitraux de Nicole Teulière-Assémat et a offert scène ouverte aux musiciens.

Nicole Teulière @oeildepierre


Dans les locaux de l'EmanciPASSION, j'ai fait une courte présentation de l'économie solidaire suivie d'une Causerie  avec Nicolas Roméas et la Clown Lamelle (cie In Girum). C'était un essai à vrai dire un peu étrange. Le propos était centré sur l'Art et Nicolas l'a introduit avec beaucoup de sérieux tandis que la clown l'interrompait chaque fois qu'elle considérait qu'il l'était trop, sérieux. Il y a eu quelques échanges mais nous en sommes sortis un peu perplexes, après avoir essayé d'approfondir la question centrale "qu'est-ce que l'Art". Pas facile !    

Le carnaval a été un moment fort. Déployées sur la place centrale de la ville les créatures des Plasticiens volants ont succédé à la Chorale explosive "La Rugissante" 20 voix et un accordéon pour un tour du monde vocal sous la houlette de Natacha Muet. Toujours un bonheur de les écouter même si ce n'est pas la première fois, j'y compte plusieurs amies chères.  
Je m'étais engagée à manipuler une de ces grosses bébêtes, la fourmi. Je me suis beaucoup amusée à  arracher des sourires sur des visages fermés et à jouer avec les enfants qui prenaient les antennes de la fourmi pour une queue du Mickey (celle qui m'échappait toujours quand j'étais petite). 

Une fourmi prêteuse et une chenille gourmande @Dominique Lassalas

 

La tortue volante @Dominique Lassalas
 
Nous avons quitté la Place, en cheminant dans les rues étroites, veillant à ne pas abimer nos belles baudruches pour rejoindre le Labo M, où elles ont été vidées et réduites en un amas de dépouilles dans la cour avant d'être embarquées pour rejoindre leur port d'attache.   
La salle du bar était  bondée, le concert de Paul Val était attendu, un vrai rock'n'roll avec des riffs de guitare éblouissants. Je me suis repliée sagement sur la terrasse, le temps était doux et les décibels moins meurtriers, j'ai fait quelques incursions dans la salle après avoir dégusté un délicieux curry, la musique était vraiment bonne.  




Le lendemain, jour de marché Elise et Dominique ont distribué les soupes qu'elles avaient concoctées la veille dans d'énormes faitouts. Elles ont eu un franc succès.

Les sorcières Elise et Dominique devant leurs chaudrons @ZL

Très beau final (...) avec Marie Guerrini et Loïc pour "Brins d'herbes entre les lattes du plancher" et en suivant avec Lakhdar Hanou, le duo La Kahina et leurs invité.e.s, Michele Martin et Frank pour "L'écho des terres en lutte" et avec la participation de l'association BDS et Solidarité Migrants. Pour finir dans la convivialité et le partage on a dégusté les délicieuses soupes préparées par Elise et Dominique. Dixit Pierre Gosselin

La lumineuse Marie Guérini @Pierre Gosselin



Le duo La Kahina @Pierre Gosselin


Dans une époque où la culture est malmenée, particulièrement en milieu rural, ce sont les citoyens qui essaient de la maintenir. Ce n'est pas facile. L'ensemble a été généreusement organisé par les l'Usinotopie et les Plasticiens Volants, particulièrement Pierre Gosselin qui a endossé le risque financier puisque les artistes ont été rémunérés et les recettes uniquement engrangées par la participation libre. Grâce aussi à Luc Labry, un artiste de la logistique sur la brèche en permanence, avec un indéfectible sourire. Mais également grâce à la participation de tous les bénévoles, sans cela la fête des possibles n'aurait pas eu lieu. La plupart de artistes sont tarnais même s'ils se produisent bien au-delà du département.
Dois-je insister sur l'intense plaisir que j'ai pris à participer à cette aventure qui outre les émotions vécues pendant toute la durée de la fête, m'a ouvert un réseau que je ne soupçonnais pas. Un bel ancrage dans cette ville dont je découvre le potentiel chaque jour et l'EmanciPASSION a vocation à se développer. J'y aiderai à ma modeste mesure.

dimanche 14 septembre 2025

Comment les faire disparaître

 Une série de lecture cet été m'a conduite sur les chemins escarpés de l'abus de pouvoir des hommes s'exerçant au détriment de leur "moitié" . De fait elles ne sauraient être entières et si elles s'avisent de l'oublier les mesures coercitives sont là pour les remettre dans le droit chemin. 

Commençons par Ilaria 


Un père enlève sa fillette, huit ans, dans l'espoir d'obliger, la mère de l'enfant à reprendre la vie commune. La petite fille est embarquée dans un périple hasardeux dont elle ne comprend pas les raisons auprès de son père qui l'aime à sa façon absurde, mais bois et fume trop et s'entête à poursuivre sa femme de coups de fil sans jamais la laisser parler à l'enfant. On pense à tous ces mômes brinqueballés entre leurs deux parents voire leurs grands-parents et torturés par leur devoir de loyauté.

Poursuivons par Mon vrai nom est Elisabeth.  




L'autrice craignant d'avoir hérité de la schizophrénie de son arrière grand-mère se lance dans une recherche pour mieux connaître Betsy, le surnom de celle-ci, en interrogeant ses descendants. Une enquête douloureuse et complexe, tant Betsy a été enfouie dans un de ces secrets familiaux qui sont par définition difficiles à porter à la lumière. Tout en cherchant, elle découvre les méthodes barbares utilisées pour "ramener les femmes à la maison" et les rendre compatibles avec ce que la société attend d'elles : de bonnes ménagères s'occupant de leurs enfants. Pour celles que ce programme ne réjouit pas et qui cherchent à s'en échapper, il y a la lobotomie, une méthode épouvantable inventée par un médecin américain, pratiquée en France de 1945 à 1955 qui a pour objectif "non pas de guérir mais de contenir", il ne s'agit pas de modifier une personnalité normale,    il s'agit de modifier une personnalité anormale pour essayer de la rendre normale". Cette opération qui consiste à amputer le lobe frontal en le traversant de part en part est pratiquée à la demande de l'entourage, en l'occurrence du mari, l'avis de la patiente ne valant rien. Le livre extrêmement documenté est à la fois un témoignage sur les violences faites aux femmes jusqu'à la moitié du XXe siècle, (sachant qu'il existe désormais la camisole chimique) et le parcours d'une femme, l'autrice, pour conjurer sa peur de devenir folle comme un héritage génétique. 

Compte tenu des dangers encourus dans l'univers familial, comment s'en prémunir? J'ai eu le plaisir d'entendre Blandine Rinkel présenter La Faille au Banquet du Livre de Lagrasse. Le titre est dû au fait que Blandine a remarqué que lorsqu'elle écrit famille le m est aplati au point de disparaitre.  

 


Comment se fait-il que quitter sa famille provoque "un immense soulagement et, plus secrète, une profonde joie" . Blandine Rinkel traque à l'aide d'exemples tirés de la littérature ou du cinéma, la toxicité des situations familiales qui piègent dans leur univers clos ceux qui s'y sentent contenus, contraints, obligés, voire malmenés, violentés.  A la famille conformiste elle substitue la "meute" de complices avec qui rire d'un vrai rire,  pour partager un écart avec la norme, parce qu'elle nous effraie ou nous ennuie, nous indiffère ou nous afflige. "Rien, vraiment, n'est plus difficile que le vrai rire, mais aucune qualité n'a de plus grande valeur. C'est un couteau qui retranche autant qu'il donne forme" écrit Virginia Woolf . Et l'amour, non pas une manière de poursuivre la famille par d'autres moyens , mais au contraire une façon de rompre les amarres sans faire naufrage. Elle écrit pour "celles que le groupe a expulsées ou qui le rejettent pour des raisons intimes, politiques ou métaphysiques [...] celles qui tout en aimant leur foyer s'y sentent parfois piégées [...] toutes celles qui doivent couper pour rester vivantes.
Ce que n'a pu faire Betsy Elisabeth.

Une autre invisibilisée maintenant, madame Orwell. 



Oui la femme du si célèbre auteur de La ferme des animaux et de  1984. Je vais confier à l'autrice elle-même le soin de parler de son livre en soulignant seulement ici qu'elle a eu l'idée d'écrire cette biographie romancée après avoir découvert qu'aussi bien dans les écrits d'Orwell que dans les biographies qui lui sont consacrées, Eileen O'Shaughnessy n'apparaît pas. Elle a pourtant vécu avec le grand écrivain à Barcelone en étant responsable d'un poste de secrétariat à la communication du POUM et à ce titre exposée, courageuse et très aidante pour son mari. Rien ne laisse soupçonner sa présence dans "Hommage" à la Catalogne". Anna Funder a dû collationner d'autres témoignages pour reconstituer l'épisode. De retour en Grande Bretagne Eileen renonce à sa vie confortable de Londres pour suivre George dans la ferme perdue au milieu de nulle part. Elle assure l'intendance dans la journée et tape le manuscrit de l'écrivain le soir venu. C'est elle aussi qui établit les relations avec le milieu de l'édition et entretient la vie sociale de son bourru de mari. Elle qui le soigne alors qu'il est tuberculeux etc. Citons ici le commentaire d'Anna Funder. "Devenue écrivaine et épouse, je me prends à envier ces grands écrivains, ces misogynes du milieu du XXe qui s'ignoraient (insérez  ici à peu près n'importe quel nom de grand écrivain de l'époque). [...] Tant de ces hommes ont bénéficié d'un environnement social qui défiait à la fois la morale (il avaient un "deuxième bureau comme disent les Africaines, entendre une, voire plusieurs maîtresses), et les lois de la physique, car le travail invisible, non rémunéré d'une femme créait pour eux le temps et l'espace  - propre, chauffé et ordonnée - pour qu'ils puissent travailler (:75)  
Croit-on que cela a vraiment changé ? Je peux témoigner que pour ce qui me concerne la charge mentale et l'intendance ont beaucoup rogné sur mon temps d'écriture et Anna Funder semble elle aussi le déplorer. La lecture de ce livre est particulièrement édifiante. On y apprend notamment le procédé pour invisibiliser les femmes. Utiliser le forme passive pour décrire ce qu'elles ont accompli. Le miracle a eu lieu mais on ne sait rien de son origine. Fortiche !  

Un petit dernier ?


Ce livre s'est arraché paraît-il cet été et on pouvait le voir entre les mains des allongé.e.s sur les plages. C'est une amie qui me l'avait conseillé. En fait il s'agit d'une série plutôt addictive
En France, il s'est vendu à plus de 630 000 exemplaires en 2024 et constitue le best seller de l'année.
Ecriture très simple, drôlerie de Millie (c'est son nom) et intelligence d'une intrigue de thriller, je ne crois pas me tromper en supputant que son succès est dû à son propos central. L'héroïne se retrouve sans cesse dans une situation de violence conjugale super sophistiquée où elle intervient parce qu'elle ne peut faire autrement. Elle sauve des femmes du désastre et lui sont ensuite adressées des malheureuses en quête de sauvetage. Pour les lectrices, un baume sur leur éventuelle amertume.   
  

lundi 21 juillet 2025

Déjouer le retour de Matin brun

 Mon dernier post remonte à avril. Je m'en étonne, mais en fait, je me suis tenue à l'écart de ce blog pour de multiples raisons, s'alimentant les unes les autres. Essayons de les nommer sans les hiérarchiser d'aucune façon.

Les travaux à la maison et au jardin. Après le long sommeil de l'hiver, il fallait tailler, planter, soigner les existants et inventer de nouveaux parterres. Pour cela, faire de nombreux aller-retours vers la déchetterie pour évacuer branchages et autres verdures immolées au profit de certains choix : capucines, ipomées, rosier grimpant, pour coloniser un mur mitoyen assez laid après l'avoir chaulé. Quelques pieds de tomates et quelques laitues (mes légumes me viennent d'une AMAP dont les producteurs sont des copains et sont plus doués pour ce genre de travail que moi) et de nouveaux fruitiers (pommiers, cerisier, kiwi). Poser un plancher sur un sol carrelé assez moche et de surcroît froid en hiver. Créer une tonnelle que nous n'avons utilisée qu'une fois lors du passage d'amis tellement il a fait une chaleur insupportable depuis plusieurs semaines, ce qui signifie arroser tous les soirs tous ces nouveaux venus (merci le puits). Ne parlons pas de la remise en état de l'abri à bois et last but not least de l'organisation du remplacement du poteau électrique par un enfouissement avec création d'une tranchée ( réalisée par un professionnel fort heureusement).

Le seringua
Les pavots 

Le rosier ressuscité après son dégagement du fouillis prévalent


La splendeur de l'albizia


Préparation du remplacement de la ligne EDF aérienne par son enfouissement

Quelques déplacements  : à Lyon d'abord pour le colloque annuel du Réseau interuniversitaire de l'économie sociale et solidaire dont je suis toujours membre du comité scientifique, cette année intitulé l'ESS au travail. L'occasion de retrouver les collègues que je ne vois qu'une fois par an et me replonger dans ce qui a été le point central de ma vie professionnelle. 

Puis Paris, pour un échange France Brésil de chercheurs au CNAM. Hélas l'organisateur qui est un ami alternait sa présence au colloque avec l'hôpital où sa compagne en soins palliatif s'approchait du départ définitif qui a eu lieu quelques jours après. Dans le même temps j'apprenais le décès de la compagne d'un autre de mes amis. Je n'ai pu assister à aucune des funérailles.   

La fontaine du square devant la Gaîté Lyrique (Paris) et du restaurant du même nom où nous prenions nos repas

Royan où j'ai assisté à l'anniversaire des 50 ans de ma nièce, laquelle se bagarre avec une sale maladie, mais s'est lancée dans la musique et nous a régalés en chantant avec le nouvel orchestre qu'elle a constitué. J'ai profité de ma venue  pour marcher dans l'eau mais pas davantage, il faisait trop froid (début juin). 

La plage de Royan (17) au crépuscule 30/05

Enfin la Méditerranée pour une réunion familiale et mon premier bain de l'année dans la mer et peut-être le seul, je ne suis pas sûre d'y retourner.

Le symbole. Mèze (34) 10/07

Au nombre des mauvaises raisons, la maussaderie d'une époque très anxiogène. La géopolitique est de plus en plus absurde. La répression et la guerre sont sans cesse à l'agenda. Les médias nous saturent de chiffres terribles sachant que les chiffres recensent des chairs meurtries, des cadavres qui s'empilent, la haine qui bave aux gueules de nos puissants. Les cessez-le-feu restent lettre morte, pendant que les enfants meurent sous les bombes ou de faim 

Notre gouvernement martèle, après avoir largement gaspillé l'argent public, que les citoyens doivent accepter une période d'austérité qui, comme d'habitude ne touchera que les pauvres et les classes moyennes pendant que les cumulards du profit continueront à engranger toujours plus. Cerise sur le gâteau une loi (Duplomb, porte bien son nom) qui rétablit le droit d'utiliser des pesticides destructeurs de vie, pas seulement des insectes ce qui est déjà une stupidité puisque c'est sans distinction entre les  nuisibles et utiles, mais pollueurs des terres, des eaux et des végétaux nourriciers et par là même des humains. Votée sans consultation des agriculteurs sauf la FNSEA, un syndicat des agroindustriels qui se fichent totalement des conséquences mortifères de leurs pratiques. Une pétition lancée par une étudiante a rassemblé plus de 1500 000 signatures. Cela devrait enclencher un débat public à l'Assemblée sauf si, comme ça devient généralisé dans le monde, les règles constitutionnelles ne  sont pas respectées.

Heureusement il reste des plages de plaisir en attendant le retour de Matin brun.

En voici quelques images, sans commentaire

Le clown Jacques du cirque Circ'hulon, dans la tradition des Laurel et autre Hardy en plus bavard.26/06

Le Tarn au crépuscule vu de la passerelle vers le rendez-vous de " Pause guitare" pour assister au sublime concert de Sting. Beaucoup (trop) de monde. 04/07
 

Marion Poëssel au saxo dans un concert  époustouflant de la "LOVEZONE" 06/07  


Le spectacle des Plasticiens volants "L'étranger. Voyage en absurdie" une fable poétique sur l'exclusion et la différence 

Dernier plaisir en date, la sortie de résidence d'un groupe d'artistes (dont le fiston) dans un très bel endroit de ruralité profonde. Le lieu, un hameau restauré, accueille une fois par an une résidence d'artistes qui se conclut par un spectacle élaboré pendant les 10 jours de la résidence par les artistes  (musiciens, danseurs, vidéastes ) qui ne se connaissaient pas auparavant. Le résultat est stupéfiant de beauté. Il est précédé d'un "apéro musical" . La générosité des accueillants fait chaud au cœur. Deux cents personnes étaient présentes avec beaucoup de jeunes enfants. 

Le buffet attend les visiteurs


Installés en attendant le show

Tant de belle effervescence ! Allons, continuer à l'espérer ce monde meilleur.