dimanche 4 juillet 2021

Cette semaine sera surtout consacrée à mes rencontres épistolaires ou littéraires

Lundi 28 juin 2021

Je fais partie d'une liste de diffusion d'un groupe "Les convivialistes"  pour avoir participé de temps à autre à leurs élucubrations.  Sur un sujet qui opposait nomadisme à sédentarité voici ce que répondait Marc Humbert l'animateur du groupe avec Alain Caillé du MAUSS

L'enracinement est souvent recherché et les migrants n'entament le plus souvent leurs migrations que contraints et forcés, et non pas par manque de souhait de "vivre et travailler au pays" entre autres. Il y a cependant des cosmopolites heureux et la question ne me parait pas être celle du nomadisme ou de la sédentarité, les chasseurs cueilleurs que nous fûmes, ne restaient guère longtemps au même lieu et notre humanité s'est disséminée sur la planète entière jusqu'en des lieux qui paraissent des plus hostiles.
 
Le problème que pose cette citation de Descartes me parait être ce que Morin appelle l'un des deux défauts majeurs de la rationalité moderne, elle est disjonctive et réductionniste. Ici la disjonction, c'est la séparation de l'inséparable, nous ne sommes certes pas lié au sol par des racines, comme le sont d'autres végétaux ou des espèces animales non adaptables à certaines latitudes, mais pour autant nous ne pouvons pas vivre sans être en relation permanente avec notre "milieu de vie" qui nous imprègne pour notre vie et pour lequel nous sommes aussi des contributeurs,  quand bien même nous sommes "mobiles" pour aller d'un site à un autre... et découvrir que nous sommes une seule et même humanité planétaire ce que nous avons pu expérimenter depuis le 16ème siècle.
 
Je réagis rarement au fil de la discussion mais cette fois j'ai eu envie de le faire et voici comment :

Personnellement je pense comme Marc ou Morin que c'est encore opposer des parti- pris qui ne s'opposent pas mais se conjuguent. Il y a depuis la parabole de Caîn l'agriculteur sédentaire tuant Abel l'éleveur nomade un schisme entretenu entre ceux qui sont "enracinés" (et possèdent la terre) et ceux qui voyagent (voir le sort fait aux peuples nomades dans le monde et singulièrement chez nous). Celui qui se déplace présente un danger pour ceux qui ne bougent pas. Le tourisme a en quelque sorte encadré le mouvement dans la fixité des voyages organisés où les chemins sont balisés et toute autre forme de déplacement est suspectée sauf bien sûr celle de la jet society qui bouge dans tous les sens, possède des points d'ancrage dans plusieurs pays et situe ses racines dans les entreprises qui alimentent ses cartes de crédit. Pour les autres, l'absence de point fixe est synonyme de vagabondage, susceptible de ce fait de répression par les forces de l'ordre. Toute démarche administrative est liée à une adresse fixe. Changer d'adresse implique toute une série de tracas dont ceux relatifs à la kyrielle de cartes (vitale, mutuelle, assurance, crédit etc.) sans parler de nos équipements informatiques dont il faut renseigner la "localisation". La métaphore végétale vaut ce qu'elle vaut mais comme me le rappelait un ami, un arbre vit aussi dans ses parties aériennes, les racines seules ne suffisent pas à sa vitalité. Nous qui avons tant fécondé la biodiversité de nos importations diverses, créant de nouvelles espèces, acclimatant à tout va des plantes qui ne demandaient sans doute qu'à rester enracinées dans leur milieu d'origine, pourquoi sommes nous si peu ouverts aux migrations humaines désormais, alors qu'elles ont de tout temps permis des métissages féconds. Il y a ceux, -dont les migrants- qui cherchent un "enracinement " - et encore est-ce bien sûr, ne cherchent -ils pas plutôt un lieu où on leur fout la paix au sens littéral- et il y a ceux qui aiment "vagabonder" dans le vaste monde. De quel droit les proscrire dès lors qu'ils ne nuisent d'aucune façon à autrui ? Il y a ces belles expériences du woofing pour voyager, du coach surfing et de toutes sortes de combinaisons pour aller à la découverte du monde et conserver son intégrité identitaire. Ce luxe nous est permis à nous autres Blancs (Blanches c'est plus compliqué sans chaperon testeronné). Que ne le permet-on de façon universelle à tous ceux qui se déplacent quel qu'en soit le motif. Pour mémoire au cours du Forum Social Mondial de Dakar, la Charte mondiale de Migrants, signée à Gorée en 2011 emettait des revendications pour la liberté de circulation des êtres humains. Autant de coups d'épée dans l'eau où se noient hélas, tant de postulants à cette liberté

Monument aux esclaves. Ile de Gorée. Dakar

mardi  29 juin 2021

Achevé la lecture du livre de Leila Slimani "Le pays des autres". Il s'agit d'exil mais en sens inverse. Une jeune femme alsacienne à la fin de la guerre tombe amoureuse d'un jeune marocain qui s'est illustré parmi les Spahis et a cantonné dans son village. Elle le suit dans son pays où il entreprend de reprendre des terres agricoles que lui a léguées son père. Pendant qu'il se tue au travail, elle apprend à vivre dans un pays où le sort des femmes est totalement sous la férule des hommes. Le couple affronte une double difficulté. Il n'appartient ni totalement à la culture musulmane ni non plus à la catholique même s'ils se sont mariés dans cette religion. Les efforts d'Amine (le mari) pour faire fructifier sa terre le rendent sourd et aveugle à la détresse de sa femme qui cherche à conserver son appétit de culture et à le transmettre à ses enfants et à sa jeune belle soeur. Le frère d'Amine, Omar s'est engagé dans les factions nationalistes qui veulent débouter l'occupant et restaurer le pouvoir du Sultan Mohammed Ben Youssef, démis par les forces coloniales. Leila Slimani tisse les histoires des membres d'une famille atypique en proie aux aléas de la tenue d'une propiété agricole, au racisme exercé par les Blancs sur les "bronzés", à la double appartenance des enfants et à la position de "traitre "potentiel de celui qui a épousé une Blanche et refuse de s'engager aux côtés de ses coreligionnaires. Beaucoup de portraits attachants et une écriture remarquable d'une grande précision.


 

Mercredi 30 juin 2021

Je tombe sur cette info :
Lors de la free party organisée à Redon les 18 et 19 juin, les gendarmes ont gravement blessé des teufeurs, dont un a eu la main arrachée par une grenade. Les pompiers, qui auraient pu intervenir pour secourir des jeunes dans un état sanitaire dramatique, en ont été empêchés par la préfecture.

Du coup il y a eu une opération "retour à l'envoyeur" :
Les munitions utilisées ont été dispersées sur la place de Bretagne. L'endroit est jonché de restes de lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Les forces de l'ordre avaient utilisé plus de 1400 grenades contre la fête, blessant de nombreuses personnes, et mutilant à vie un jeune de 22 ans.

Hallucinant non ? Tout ça pour disperser une fête!!!
jeudi 1 juillet 2021

Repéré cet article sur un des blogs que je suis

 https://entreleslignesentrelesmots.blog/2016/01/08/il-faut-souffrir-pour-etre-belle-tu-parles/

Incroyable le nombre de tortures que les hommes ont inventé pour réduire leur liberté et les contraindre à user de différents stratagèmes pour être admises dans le jeu de conquête. C'est sans doute un bon outil de mesure de la liberté conquise des femmes : l'abandon du frou frou handicapant au profit du pantalon et des chaussures de marche. Quand je regarde les jeunes femmes, ça me rejouit de les voir enfin libérées (pas toutes) de l'obsession de séduire par des artifices. Lire à ce sujet le livre de Mona Chollet "Beauté fatale" que j'avais chroniqué ici

vendredi 2 juillet  2021

une amie me transmet un lien vers une émission d'Envoyé spécial consacré à la ville de Pontevedra en Espagne dont le maire (réélu depuis 1999) a entrepris de rendre la ville aux piétons. On en rêve! Le reportage est très convaincant sur la faisabilité de la chose, comme quoi, il s'agit bien de choix politiques et non d'une impossibilité de la  rétroaction. 

samedi 3 juillet 2021

Il y a beaucoup de petits festivals alentour, qui ont lieu tous en même temps : effet du confinement antérieur. Je me lève très patraque et ne me sens pas le courage d'en affronter aucun, d'autant que pour l'un, il se déroule à quelques mêtres de chez moi et -merci la technologie du double vitrage- je peux échapper à la musique un peu tonitruante des Ogres de Barback. 

Je lis cet article Revisiter Picasso à l'air de me too  et je me sens confirmée dans le malaise que m'a toujours procuré la peinture de Picasso. "Il faut distinguer l'artiste de l'homme gna gna gna. je dois reconnaître que j'ai un peu de mal.

dimanche 4 juillet 2021

Après le marché, le café sous les arcades, je me rend à Graulhet pour le festival Rues d'été dans lequel une des pièces de ma fillote se joue. No(s) Futurs(s) duo comico apocalyptique

Lo et Ly les deux cosmonoautes à vélo de l'apocalypse


Je rencontre plusieurs connaissances. Bizarrement et je m'en aperçois après coup, je ne vois que des pièces que je connaissais déjà. Mais baste, vive le théâtre