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jeudi 25 juin 2026

Ne tuons pas la beauté du monde

Un billet très court pour citer un passage du  livre de George Sand entrepris ces derniers jours . 

Lorsqu'en 1847 George Sand, qui a déjà fait paraître ses plus grands romans, entreprend à quarante-trois ans son Histoire de ma vie, elle définit ainsi son futur livre  : « C'est une série de souvenirs, de professions de foi et de méditations dans un cadre dont les détails auront quelque poésie et beaucoup de simplicité. Ce ne sera pourtant pas toute ma vie que je révélerai. »


1514 pages et un appendice où figurent de multiples illustrations et une chronologie des événements marquants de l'écrivaine. Je n'en suis qu'au début mais j'y ai déjà glané quelques perles.

[…] l'oiseau, je le soutiens, est l'être supérieur dans la création. Son organisation est admirable. Son vol le place matériellement au-dessus de l'homme et lui crée une puissance vitale que notre génie n'a pu encore nous faire acquérir. Son bec et ses pattes possèdent une adresse inouïe. Il a des instincts d'amour conjugal, de prévision et d'industrie domestique; son nid est un chef-d'œuvre d'habileté, de sollicitude et de luxe délicat. C'est la principale espèce où le mâle aide la femelle dans les devoirs de la famille, et où le père s'occupe comme l'homme, de construire l'habitation, de préserver et de nourrir les enfants. L'oiseau est chanteur, il est beau, il a la grâce, la souplesse, la vivacité, l'attachement, la morale et c'est bien à tort qu'on en a fait souvent le type de l'inconstance. En tant que l'instinct de fidélité est départi à la bête, il est le plus fidèle des animaux. Dans la race canine si vantée, la femelle seule a l'amour de la progéniture, ce qui la rend supérieure au mâle; chez l'oiseau les deux sexes doués d'égales vertus offre l'exemple de l'idéal dans l'hyménée. Qu'on ne parle donc pas légèrement des oiseaux. Il s'en faut de fort peu qu'ils ne nous valent ; et comme musiciens et poètes, ils sont naturellement mieux doués que nous. L'homme- oiseau, c'est l'artiste.  

Curieusement, ce point de vue qu'on pourrait estimer légèrement délirant, je l'ai entendu de la bouche d'un évolutionniste qui disait que seuls les oiseaux partageaient le soin des enfants, l'ensemble des mâles disait-il peuvent être considérés comme des parasites qui "inoculent dans la femelle leurs gènes" puis ne se préoccupent pas de la suite à donner.   

Sur facebook https://fb.watch/HY4YDWKE9g/ 

George Sand décrit les relations de complicité affectueuse qu'elle entretient avec deux fauvettes Jonquille et Agathe mais aussi un rouge-gorge et un milan féroce qui, de son grand bec tranchant comme un rasoir, enlevait délicatement avec un "petit cri tendre et coquet les mouches qui se posaient sur le visage de l'enfant" (Maurice le fils de Sand ) sans jamais le réveiller.

Je suis allée sur le site de la LPO qui répertorie grâce à la participation d'observateurs bénévoles les oiseaux présents dans nos jardins et propose régulièrement un bilan de l'opération comptage.

C'est l'occasion de mieux connaître ces joyeux drilles qui enchantent notre quotidien. Je me promets d'essayer de participer à la prochaine campagne de comptage et ainsi d'améliorer -modestement- le score de mon département qui n'est pas au plus haut dans la liste des participations. Seulement 41 jardins répertoriés. Quand même mieux que l'Ariège (9) ou la Corse (6 et 4). Merle noir, moineau domestique, mésange charbonnière, pigeon ramier, pie bavarde, tourterelle turque, mésange bleue, rougegorge familier sont les plus communs. Il me faudra apprendre à les reconnaitre (même si certains me sont bien connus comme la pie bavarde ou le merle). 

Je n'aurai aucune chance en revanche de rencontrer le Grand Tetras cet oiseau fabuleux que j'ai découvert dans le très beau film de Vincent Munier Le chant des forêts et qui fait l'objet d'un plan national d'action pour sa sauvegarde. 



Le titre de ce billet fait référence à une très belle chanson de Diane Dufresne

L'Hymne à la beauté du monde  

Ne tuons pas la beauté du monde
Chaque fleur chaque arbre que l'on tue
Revient nous tuer a son tour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas le chant des oiseaux
Ne tuons pas le bleu du jour

Ne tuons pas la beauté du monde
Ne tuons pas la beauté du monde

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C'est maintenant qu'elle se joue

Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous
Après nous.

Un dernier mot : j'arrose tous les soirs mon jardin mais je ne peux empêcher le dessèchement du feuillage. C'est triste et dommage pour moi mais je songe aux paysans qui assistent impuissants à la destruction de leurs récoltes, à la mort de leurs animaux. Je pense aussi à tous ceux qui vivent dans des étouffoirs ou à la rue et me sent tellement privilégiée dans ma maison que l'opération de rénovation énergétique menée cet hiver a rendu habitable, ce qui n'était pas le cas l'été dernier. 
Les arguties des politiques sont à cet égard tout simplement indécentes.  

mercredi 21 août 2019

La Maison du Six ferme ses portes. Un été caniculaire.

Nous nous sommes bien démenés mais nous jetons l'éponge avant de risquer d'être couverts de dettes. Le lieu commençait à trouver son public mais nous n'avons pas obtenu les soutiens  espérés et nous sommes épuisés.
Beaucoup d'énergie (et d'argent) investis, une tentative d'implanter dans une ville peu animée un lieu de culture et d'échanges, mais trop peu de réel soutien et un constat : "les gens ne "sortent plus". les écrans ont définitivement remplacé l'agora.

Un été de canicule avec pour moi quelques translations.
Athènes en Juin avec l'opportunité de passer quelques jours à Exarchia, le quartier résistant menacé depuis le retour de la droite musclée. Je pense à mes amis et je suis navrée, profondément.


Une visite à l'incontournable que j'ai connu, tas de pierres en attente de restauration où on pouvait poser ses fesses pour contempler la ville. Désormais on acquitte un droit d'entrée plutôt élevé, il faut bien financer les travaux.


Plus tard , en juillet, Marseille. Un guide anarchiste bien allumé nous a promenés dans les rues où se sont effondrés les immeubles et où d'autres menacent, en hurlant des invectives destinées à faire savoir aux badauds alentour les forfaitures qui  sévissent dans l'immobilier sous la haute présidence du Maire

Un des mini ports de pêche lovés dans les criques qui bordent la ville avant  un bain rafraichissant, il faisait une chaleur invraisemblable.

Plus tard encore, Lyon. Nous sommes passés des salons de l'hôtel de ville aux rues surchauffées qui dégringolent de la Croix Rousse vers le centre. Un passage au Parc de la Tête d'or où se tenaient les Dialogues en Humanité. Il faisait si chaud que nous avons abandonné l'ombre des arbres vénérables mais impuissants à vaincre la touffeur pour des lieux où se diffusaient la bière et la clim.


Ici nous sommes dans un village de l'Hérault où cette façade a gardé trace d'un vieux slogan qui animait également les tunnels du métro parisien.


 Pézenas, la ville de Molière. Très jolie, mais totalement dédiée au tourisme, grévinisée


  Pfff! Quelle chaleur ! Vite un plongeon ! Merci le barrage des Olivettes.


En Août, faire un petit tour à Marciac. Concert d'Angélique Kidjo, voix extraordinairement puissante, capable de mettre debout toute une salle et de faire danser et chanter ses airs cubains et africains. Manu Dibango, élégant et formidable saxophoniste à 85 ans, ce géant débonnaire, pétri d'humanité lui a succédé. Soirée de bonheur pur.
Marciac, c'est aussi des concerts à tous les coins de rue, des talents qui n'attendent pas le nombre des années
 

Du Jazz manouche, Johnny Montreuil au Café Plum à Lautrec, bourré de bonne humeur et d'énergie dans un lieu particulièrement agréable. 


Le festival des arts et du livre de Montolieu, petit village de l'Aude qui compte un nombre important de librairies (j'en ai compté 19) et Le Musée des Arts & Métiers du Livre où sont exposés d'anciennes presses et rotatives, divers outils d'imprimerie et des documents présentant la naissance de l'écriture. Un lieu idéal pour échapper à l'insistance du soleil.


Pour conclure ce rapide tour d'horizon d'un été -dois-je insister ?- particulièrement étouffant, un peu de fraîcheur en visite au Jardin des Martels.


 Et notre 5ème édition du Festival sous les Etoiles, organisé par mes deux enfants dans notre jardin, sous un ciel habité de scintillements, sans nuages (ouf!). Un petit joyau, parmi les 30 courts métrages de cette soirée, basé sur le poème de Prévert" Chanson des escargots qui vont à l’enterrement".

Le lendemain, la pluie bienfaisante.

Ne pas se laisser abattre par les aléas, rester vivant.