Un billet très court pour citer un passage du livre de George Sand entrepris ces derniers jours .
Lorsqu'en 1847 George Sand, qui a déjà fait paraître ses plus grands romans, entreprend à quarante-trois ans son Histoire de ma vie, elle définit ainsi son futur livre : « C'est une série de souvenirs, de professions de foi et de méditations dans un cadre dont les détails auront quelque poésie et beaucoup de simplicité. Ce ne sera pourtant pas toute ma vie que je révélerai. »
[...] l'oiseau, je le soutiens, est l'être supérieur dans la création. Son organisation est admirable. Son vol le place matériellement au-dessus de l'homme et lui crée une puissance vitale que notre génie n'a pu encore nous faire acquérir. Son bec et ses pattes possèdent une adresse inouïe. Il a des instincts d'amour conjugal, de prévision et d'industrie domestique; son nid est un chef-d'œuvre d'habileté, de sollicitude et de luxe délicat. C'est la principale espèce où le mâle aide la femelle dans les devoirs de la famille, et où le père s'occupe comme l'homme, de construire l'habitation, de préserver et de nourrir les enfants. L'oiseau est chanteur, il est beau, il a la grâce, la souplesse, la vivacité, l'attachement , la morale et c'est bien à tort qu'on en a fait souvent le type de l'inconstance. En tant que l'instinct de fidélité est départi à al bête, il est le plus fidèle des animaux. Dans la race canine si vantée, la femelle seule a l'amour de la progéniture, ce qui la rend supérieure au mâle; chez l'oiseau les deux sexes doués d'agales vertus offre l'exemple de l'idéal dans l'hyménée. Qu'on ne parle donc pas légèrement des oiseaux. Il s'en faut de fort peuqu'ils ne nous valent ; et comme musiciens et poètes, ils sont naturellement mieux doués que nous. L'homme- oiseau, c'est l'artiste.
Curieusement, ce point de vue qu'on pourrait estimer légèrement délirant, je l'ai entendu de la bouche d'un évolutionniste qui disait que seuls les oiseaux partageaient le soin des enfants, l'ensemble des mâles disait-il peuvent être considérés comme des parasites qui "inoculent dans la femelle leurs gènes" puis ne se préoccupent pas de la suite à donner.
Sur facebook https://fb.watch/HY4YDWKE9g/
George Sand décrit les relations de complicité affectueuse qu'elle entretient avec deux fauvettes Jonquille et Agathe mais aussi un rouge-gorge et un milan féroce qui de son grand bec tranchant comme un rasoir enlevait délicatement avec un "petit cri tendre et coquet les mouches qui se posaient sur le visage de l'enfant" (Maurice le fils de Sand ) sans jamais le réveiller.
Je suis allée sur le site de la LPO qui répertorie grâce à la participation d'observateurs bénévoles les oiseaux présents dans nos jardins et propose régulièrement un bilan de l'opération comptage.
C'est l'occasion de mieux connaître ces joyeux drilles qui enchantent notre quotidien. Je me promets d'essayer de participer à la prochaine campagne de comptage et ainsi d'améliorer -modestement- le score de mon département qui n'est pas au plus haut dans la liste des participations. Seulement 41 jardins répertoriés. Quand même mieux que l'Ariège (9) ou la Corse (6 et 4). Merle noir, moineau domestique, mésange charbonnière, pigeon ramier, pie bavarde, tourterelle turque, mésange bleue, rougegorge familier sont les plus communs. Il me faudra apprendre à les reconnaitre (même si certains me sont bien connus comme la pie bavarde ou le merle).
Je n'aurai aucune chance en revanche de rencontrer le Grand Tetras cet oiseau fabuleux que j'ai découvert dans le très beau film de Vincent Munier Le chant des forêts et qui fait l'objet d'un plan national d'action pour sa sauvegarde.
Le titre de ce billet fait référence à une très belle chanson de Diane Dufresne