Chaque jour, on apprend que dans certaines municipalités un festival, un carnaval, un théâtre est menacé. Ainsi à Toulouse le Grand Rond devra fermer ses portes faute de soutien de la Mairie, le Carnaval de Lisle sur Tarn est "reporté " en automne. Rues d'été ne plait pas au nouveau maire "il donnerait une mauvaise image de la ville". Heureusement la nouvelle municipalité se doit de respecter la convention trisannuelle signée par la précédente, ce qui donne un sursis à ce très sympathique événement porté par des bénévoles qui draine un large public au-delà de la seule ville de Graulhet. Ce ne sont que quelques exemples des foudres qui s'abattent sur les manifestations culturelles avec l'arrivée ou le durcissement de la Droite aux manettes. A chaque fois un argument fallacieux remplace la raison véritable : faire taire des séditieux qui dérangent le silence assourdissant des pantoufles.
Le racornissement des financements touche très fortement le spectacle vivant en particulier les compagnies modestes de danse, de théâtre ou de cirque, celles qui assurent l'animation culturelle du milieu rural, des quartiers suburbains On parle d’un arrêt d’un tiers des compagnies de danse, un tiers également de cessations d’activités de troupes de théâtre (chiffres des organisations professionnelles), de formations musicales (effondrement en Bretagne, en Occitanie), des cirques ou festivals qui se sont cet été dépensés sans compter. Libre journal.
L'UNESCO alerte : "La culture est menacée, les conflits armés, le terrorisme (et la menace du terrorisme) et la violence dans chaque région mondiale sont couplés à la crise climatique et à la capacité réduite des gouvernements et de la société civile à agir." L'organisation insiste sur le rôle essentiel de la culture pour permettre la réconciliation et la paix.
Malgré ces vents mauvais les artistes résistent. Ainsi cet événement qui mêlait exposition, conférence, théâtre et joyeuse mise au feu du Karneval.
Hélas, ces spectacles pourtant excellents n'ont pas rencontré suffisamment de public pour se financer et les artistes ont tous travaillé bénévolement.
Autre moment, autre culture. Je suis allée à Paris pour me rendre à un séminaire. Je m'étais ménagé quelques jours libres que j'ai mis à profit pour aller à la rencontre de Sebastiào Salgado dont l'exposition hommage à l'Hôtel de Ville est extraordinaire. Outre les photos connues telles que celles des mineurs de la mine d'or de Serra Pelada au Brésil (1986), il y a celles réalisées à Paris, ville d'élection pour ce Brésilien qui a arpenté la terre entière. On découvre également la forêt reconstituée au sein des terres dégradées de l'Etat de Minas Gerais où se niche désormais l'Instituto Terra dédié à la restauration écosystémique, de la biodiversité, du sol, des ressources hydriques. L'exposition se conclue par la présentation de peintures de Rodrigo, le fils atteint de trisomie, aux couleurs éclatantes.
Une photo parmi celles qui ont retenu mon attention et son commentaire.
Calder à la Fondation Louis Vuitton avec ce beau titre Rêver en équilibre. L'expo débute par ce film où le vieil enfant fait jouer son mini cirque devant un parterre riant aux éclats. Toute l'habileté du créateur, l'humour et la performance des petits mécanismes qui réussissent parfaitement les sauts périlleux des trapézistes ou des cavaliers. Voir le teaser sur le site de la Fondation avec un commentaire de son ami Jacques Prévert.
Les illustrations suivantes sont choisies à dessein comme moins connues du travail de Calder
| Joséphine Baker |
| Calder dans son atelier |
Quant au jardin d'acclimatation, il est truffé de jeux bruyants et de boutiques. Je ne m'y suis pas attardée, sauf pour admirer un céanothe
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Merci monsieur Monnet pour toute cette beauté en partage dont il est impossible de donner la mesure dans ce billet déjà trop long. Voir ici un peu d'histoire de ce jardin et quelques uns des tableaux qu'il a inspiré à celui qu'il l'a conçu ainsi que le travail de restauration après plusieurs années d'abandon. Terminons ce billet trop long, je l'ai dit, par la dernière exposition qui a occupé mon quatrième jour, avant de rejoindre le séminaire. Au Louvre, Michel-Ange Rodin. Corps vivants. C'est en effet ce qui frappe en parcourant les allées où sont mis en lumière ces corps aux muscles glorieux saisis dans leurs mouvements dont certains improbables. La vie figée dans le marbre et pourtant vibrante. Etreinte amoureuse ou viol ? |
Créer, c'est résister.















