Le titre est emprunté à une chanson célèbre des Rita Mitsouko dont la chanteuse, Catherine Ringer vient de mourir "emportée" justement par un cancer fulgurant. J'admirais cette femme talentueuse dont la voix puissante et riche d'une infinité de nuances a créé un univers sonore totalement neuf en duo avec Fred Chichin son partenaire de vie. Ils ont bousculé la planète rock en France puis plus tard à l'étranger. Je l'admirai pour son talent et surtout pour sa liberté, sa fantaisie son culot et plus tard quand Fred Chichin est mort (cancer fulgurant lui aussi) son courage. Elle a repris le flambeau. Ils ont eu trois enfants tous trois artistes.
Une telle disparition affecte toute une génération qui a dansé follement sur Marcia Baïla, ou le Petit train sans soupçonner parfois les drames qui y étaient évoqués : la mort de Marcia Moretto une amie de Catherine qui l'a initiée à la danse ou le train des déportés dans le quel son père a été emporté vers les camps, dont il est revenu très affecté. Tout dernièrement elle avait voulu rendre hommage à Alice Mendelson, une poétesse qu'elle admirait en mettant en scène ses poèmes du recueil "L'érotisme de vivre". Curieusement cet épisode est absent de l'article Wikipédia qui lui est consacré.
Son dernier fait d'armes : Le 8 mars 2024 au cours de la cérémonie qui fêtait l'introduction du droit à l'IVG dans la constitution française, invité à chanter La Marseillaise elle a féminisé l'appel aux armes de la Marseillaise et entonné "Aux armes citoyens, citoyennes" puis "marchons et chantons cette loi pure dans la Constitution. Elle avait repoussé le chef de l'Etat qui cherchait à lui faire une bise qu'elle jugeait totalement déplacée comme elle s'en est expliquée par la suite.
Voilà, rock in Eden Catherine.
J'avais évoqué Flamme, volcan, tempête. Un portrait de Christine Pawlowska dans un post précédent, alors que je ne l'avais pas encore lu. C'est chose faite, une plongée dans la vie de Christine Kujawa, le nom de naissance de l'autrice du livre "Ecarlate". Le petit opus est une quintessence de mélancolie d'une jeune personne exaltée et en recherche d'une vie pleine et riche alors qu'elle étouffe dans l'univers étriqué de sa famille. On pressent à la lecture beaucoup de non dits, notamment sur les raisons de l'amour - haine qu'elle éprouve pour sa mère. Pierre Boisson a mené une enquête longue et compliquée pour approcher le mystère de cette écrivaine qui avait disparu après un succès très prometteur lors de la sortie de son premier roman. Vie hasardeuse, gâchée par un homme en particulier dont elle a eu deux enfants, un voyou violent et dépensier, qu'elle quitte une fois puis retrouve 11ans plus tard. Entre temps, elle devient la maitresse d'un homme qui est aussi son supérieur hiérarchique et qui n'hésitera pas à la licencier quand elle annoncera avoir revu le père de ses enfants. La mort de Christine est restée non élucidée. Un suicide ou un féminicide ? L'enquête de Pierre Boisson ne lui permet pas de conclure en ce sens. Une vie terrible avec quelques répits notamment lorsqu'elle occupe un travail de formatrice qui lui permet de s'occuper de tous ceux qu'elle aide à mieux maitriser la langue pour tenter de trouver une place dans une société peu portée à la compassion à l'égard des paumés. Un travail qu'elle aime et qu'elle partage avec une amie, Véronique, qui sera dévastée par sa mort. Pour mener son enquête, Pierre Boisson interroge tous ceux qui l'ont approchée et notamment ses deux fils qui ont des souvenirs différents de leur enfance mais qui pour l'ainé, Nicolas, sont décrits comme un enfer, dont il a eu beaucoup de mal à se débarrasser. Il aura aimé sa mère d'un amour fusionnel et sa mort l'aura relancé dans ses habitudes destructives. En dépit de sa vie compliquée, elle continue à écrire des poésies et des romans qui ne seront jamais édités et dont la trace est perdue On apprend au final quel était le secret qui sourdait dans "Ecarlate", l'inceste, sans surprise pourrait-on dire, tant cet état de fait se révèle de plus en plus depuis que "me too" et plusieurs écrivaines ont fait émerger au grand jour une pratique pour ainsi dire banale ou plutôt banalisée par la société patriarcale. Le père grâce à la complicité de la mère préférant protéger la réputation de la famille, ne sera pas inquiété et finira sa vie en toute tranquillité.
Des lois sont en cours d'élaboration pour permettre une protection plus systématique des enfants et des femmes. Peut-on espérer que cela change enfin les mentalités arriérées qui continuent à sévir en toute impunité?
Avant de conclure, conseiller la lecture du livre de Sandrine Bourguignon, une écriture au service de la poésie du quotidien, une réflexion puissante sur ce qui nous tient debout.
Sur le causse du Quercy, une femme dont la profession consiste à recueillir par écrit les dernières paroles des personnes en fin de vie se retrouve à habiter temporairement un atelier d’artisan au milieu de nulle part, où elle adopte un chien errant mal en point. Au rythme des saisons, elle veille sur le causse et semble guérir progressivement de son propre passé en se laissant absorber par un quotidien fait de gestes simples, attentive à celles et ceux qui l’entourent.
Dans ce roman lumineux, Sandrine Bourguignon s’attache à retranscrire dans une langue précise le moindre bruissement animal, minéral et végétal. Un texte profondément organique. (Quatrième de couverture ).
Enfin une image de paix. Je suis allée comme chaque année rejoindre mon pays d'enfance et m'y ressourcer. J'étais accompagnée d'une amie. J'ai eu le plaisir de lui faire découvrir "La côte de beauté" .
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| La plage de la Grande côte |

