dimanche 1 février 2009

La république des lettres de mon moulin

Il existe dans la blogosphère deux sites antinomiques : l'autofictif d'Eric Chevillard et la République des livres (RdL) de Pierre Assouline, Passou pour quelques intimes. Le premier est minimaliste et n'accueille aucun commentaire. Le second est plutôt consistant voire bourratif et comporte un espace de jacasseries où se précipitent des habitués, (voir la dernière chronique du 31 / 01, où il s'inscrivent comme à la récréation "prems, deuz" etc ) en nombre relativement restreint mais dans une telle frénésie d'interactivité qu'ils doublent ou triplent le volume de la dissertation du jour. Outre leurs abondants compléments sur le sujet, ils se postent des messages personnels au passage ou au prétexte bien que se tenant étroitement en liens par ailleurs sur leurs propres blogs. Si vous avez quelques heures devant vous, il peut être amusant d'y glaner leurs éclats, d'autant que vous pourrez moissonner d'autres liens sur des vidéo musicales (Ricet Barier, Isabelle, ça ne nous rajeunit pas !). J'ai voulu placer mon petit grain de sel à propos des écrivains vieillissants et atrabilaires (30/01) en restituant à Chateaubriand la phrase rendue célèbre par Charles de Gaulle : "La vieillesse est un naufrage". Hélas une coquille a transformé l'auteur des Mémoires d'outre-tombe en filet de boeuf, peut-être avais-je faim. Revenant sur le blog au bout de quelques heures et n'y trouvant pas ma fine remarque, j'ai posté à l'intention du modérateur un billet comminatoire à l'égard de sa supposée censure. Est -ce sous cet effet ou tout simplement que l'afflux est tel, le boulot de tri énorme, tout cela paraît avec un certain délai; bref après vérification mon billet incendiaire rougeoie dans l'indifférence absolue de ceux que je maltraite au passage ("ils sont soulants vos chouchous"). Confirmation s'il en fallait une que tous ces beaux phraseurs parlent entre eux et pourquoi pas après tout si ça les amuse. Un commentaire (d'une dont je n'ai pas retenu le pseudo et flemme d'aller le rechercher au milieu des 250 et quelques autres) résume un peu le manège. Adressé à Passouline :"vous devriez leur lancer quelques noms en pâture et ils feraient le reste".
En attendant, je glane au hasard certains des liens que je place ici à droite pour les mieux explorer. Sur ce site les commentaires n'asphyxient pas le visiteur. Je n'ai pas encore beaucoup informé sur l'existence de ce blog et ceux qui me lisent ne sont pas des bloggers, seulement des amis et encore, deux ou trois. Je m'essaye donc timidement à la complicité textuelle et virtuelle, mais je pêche par ambiguïté. Ni dédié à l'adoration de la chose littéraire, ni engagé sur une voie militante je vois bien que ce site manque de fermeté dans son parti-pris. Chateaubriand justement intitule "stromates ou bigarrures de ma jeunesse" des pensées diverses qu'il se promet de publier un jour. Il les aurait de nos jours postées sur le web. J'ai essayé de me faire une petite Clopine, mais elle me boude, ne publie pas mes commentaires. Pourtant je l'aime bien et vous invite à aller contempler sa trogne de petite normande sur une de ses dernières bigarrures. Il faudrait que je retrouve une de ces photos où j'arbore des nattes savamment attachées de la sorte.(Clopineries, tout de suite à droite).
Il faut reconnaître qu'ici comme ailleurs il faut jouir d'une certaine réputation pour voir venir à soi les petits manants.
Alors pour conclure je vous invite à aller sur le blog de Philippe Corcuff (qui me connais ah ah mais sous mon vrai nom et à qui je n'ai rien dévoilé de cette publicité gratuite ) où il nous fait (re) découvrir un beau texte d'Anne Sylvestre.

"La chanson d'Anne Sylvestre, "Les gens qui doutent", datant de 1977, reprise récemment par le trio Jeanne Cherhal, Vincent Delerm et Albin de la Simone, garde quelque chose comme une jeunesse poético-philosophique."

Oui, je sais, Vincent Delerm, euh... Faites comme moi, dépassez votre allergie, écoutez le texte, et tiens, je le dédie à Clopinette qui se fait éreinter sur son blog par un gros troll.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Tiens, une lucide qui ne manque pas d'r.

Anonyme a dit…

Pour avoir participé à un mariage en mai dernier auquel Anne Sylvestre était invitée en qualité de copine de la mariée, je peux témoigner qu'elle est en pleine forme, plutôt déconnante, et pas très portée sur la nostalgie! Elle nous a chanté a capella une diatribe épatante contre les promenades à la campagne qui nous a bien fait rigoler !

Zoë Lucider a dit…

merci Phildo
Bien heureuse d'avoir vent de toi

Anonyme a dit…

Chaque blog fait entendre sa petite musique (même celle d'Anne Sylvestre), et heureusement que tous ne se ressemblent pas à cause d'une charte uniformisante... qu'un fêlé pourrait bien sortir un jour de sa manche.

J'aime bien votre photo de l'abbaye de Lagrasse où des adorateurs de l'huile de vidange ont voulu jouer aux apprentis Fahrenheit 451.

Ce que vous dites de vos "palabres" est très intéressant.

Concernant le blog de PIerre Assouline, il est vrai que le mieux est de s'en tenir à ce qu'il écrit tout en haut de sa page - sauf si, par une envie soudaine, on se risque soi-même à "poster" un commentaire, ce qui dérange immédiatement le babil plus ou moins "encultivé" des habitués copains-clopant, ou clopinant).

Anonyme a dit…

ah, Zoé, merci d'abord de votre intérêt pour mes clopineries, et je crois que nos points communs dépassent les nattes repliées de nos enfances, mais nous verrons...

Sur la République des Livres : attention, Zoé, les relations diffuses, touffues et compliquées qu'Assouline entretient avec son blog et ses commentateurs vont très loin, plus loin que vous ne semblez l'imaginer. Votre récente arrivée dans la blogosphère explique votre fraîcheur, mais sachez cependant qu'en quatre ans, notre homme, Pierre Assouline donc, a dépassé les 140 000 commentaires... Et qu'il a rendu compte de cette expérience dans un livre "brèves de blog : le nouvel âge de la conversation". La préface de ce livre présentait les réflexions d'Assouline sur les nouveaux avatars de l'écriture journalistique, et décrivaient comme lui avait ressenti cette "déferlante" sur son blog. Puis il présentait ce qu'avec candeur il applelait "les meilleurs commentaires", les quelques 650 extraits choisis parmi les 140 000... L'effet sur le blog lui-même a été proprement maëlstromique. Les critiques ont surgi de toute part, même et surtout de la part de ceux qui avaient été "distingués" par Assouline. Perso, j'étais parmi les premières à accueillir la parution du livre avec le coeur serré. Vicitime d'un troll dérangé et de quelques exaspérations bloguesques depuis des années, je pressentais que la "mise en lumière" de blogueurs normalement obscurs n'allait pas se passer "comme ça". Mais j'ai été aussi l'une des rares à croire sur parole Pierre Assouline, quand il disait que son livre était une sorte d'hommage à ses blogueurs. Il a été accusé de tout, cet homme : de vouloir se faire du pognon sur notre dos, d'être d'une vanité sans borne, de ne plus avoir d'inspiration pour sa propre carrière d'écrivain, d'opérer une sélection d'après des critères d'intérêt personnel, etc;, etc. Moi seule ai cru (et crois toujours) qu'il nous aimait bien, tout simplement...Et qu'il était étonné lui-même du succès de son blog si littéraire, si pointu, si spécialisé en un mot.

Mais quel psychiatre ira fouiller l'inconscient des blogueurs, pour en extirper les sombres ou claires motivations ?

En tout cas, bienvenue, Zoé, sur la blogosphère, mais sachez donc que votre croisière a déjà été "balisée" et parcourue par des forts alizés, voire des tempêtes (dans un verre d'eau, bien sûr, ahaha°;

Mais quand on aime les mots, au diable les maux, n'est-ce pas ?

bien à vous

Clopine

Anonyme a dit…

Je ne suis pas allergique à Delerm :o)
Pour la RDL vous avez raison, je n'y mets plus les pieds depuis un bail.
Vous connaissez le duo entre Anne Sylvestre et Bobby Lapointe ?