mardi 1 septembre 2020

Un été sans festivals, mais pas sans fêtes

 Un été sans festivals, mais par ici des mini rencontres dans des endroits dits "tiers lieux " que des artistes investissent et animent, y font pulser de la vie. Fort heureusement ! Car avec leurs lancinants rappels à la prudence, leurs arrêtés imbéciles, leurs interdictions incohérentes, nos chers élus nous feraient mourir d'ennui ou devenir fous. 

Donc, en milieu rural, on s'organise. Invitation à une petite tournée. Ainsi un joli concert à Rabastens dans un lieu "Le Pré Vert" qui fut un hôtel restaurant de luxe et a été repris en main par un collectif de Rabastinois pour y installer plusieurs activités. L'association "La locale"  y organise des "dimanche sur le pré. J'y étais le 12 juillet avec quelques amis  pour écouter L'Orquèsz - Bal Vagabond ! Je cite leur présentation :"Ces trois-là jouent une musique libre et sans frontières : musette, musiques des Balkans, compositions et improvisations ! Florian Demonsant : accordéon / Pascal Demonsant : clarinette / Florent Rousset : batterie, percussions.



Un peu plus tard, ce fut à Saint Julia, dans un ancien château qui renaît après une longue période de délabrement. Un orchestre de musiciens sud américains y déployait une belle énergie.



Le 8 août, La Joyeuse Lucie Holle, la compagnie de théâtre créée par ma fille présentait  son nouveau spectacle dans son / notre village, (une première pour elle, jouer dans le village de son enfance !) dans un espace ombragé (il faisait très chaud). S'en est suivi un repas et une soirée dansée orchestrée par sa playlist.



Le 15 août, ma fillote fêtait son anniversaire en même temps que mon amie de trente ans, un anniversaire de lionnes, at home, cette fois.

Le lendemain, nous sommes allés à Buzet, où un collectif a repris en main une propriété en déshérence et y organisait son dernier concert de la saison. Bonne chère, bons vins, nous avions emmené avec nous un ami de passage qui explore diverses parties de notre hexagone en quête d'un coup de cœur pour acquérir une petite maison et y monter de grands projets loin de la Capitale qu'il souhaite déserter.

Entre temps j'avais rendu visite à des amis qui habitent à proximité de Saint- Antonin- Noble-Val, ce qui m'a donné l'occasion de découvrir ce très joli village ainsi que Castelnau-de-Montmirail.



Je suis allée voir une exposition dont le titre "merveilleux vivant" m'avait incitée à franchir les 200 kilomètres qui m'en séparaient. Elle se tenait dans l'Abbaye de l'Escaladieu à Bonnemason, un tout petit village proche de Bagnères de Bigorre. Le contraste entre la région verdoyante qui nous accueillait et celle jaunie par la sécheresse dont nous venions nous a stupéfaites (une amie m'accompagnait). Je souffrais de vertiges dus à une intoxication alimentaire mais j'avais tenu à honorer ce rendez-vous. Exposition un peu décevante, en revanche les arbres grandioses du parc et l'architecture de cette abbaye cistercienne l'ont compensée. 


 

Il y a quelques jours, j'ai fêté mon anniversaire. Je n'organise jamais rien de spécial. Mes enfants et leur père sont aux manettes et chaque fois me font de jolis cadeaux. Cette fois, j'ai eu envie de convier quelques amis proches. S'il tenaient à me faire un cadeau, je leur avais suggéré un plant en prévision d'une rocaille que je projette d'organiser autour d'un abreuvoir, expulsé lors des travaux d'aménagement de la maison. Je souhaite le "recycler" en mini bassin entouré d'une composition pierres / plantes. Très jolie soirée, à la fois joyeuse et paisible. Et préfiguration du bassin





Le lendemain délicieux rituel familial et parmi les cadeaux celui-ci



Les 650 lieux les plus insolites et les plus étranges du monde. Des merveilles naturelles ou construites par l'homme, des musées méconnus, des exploits de l'humanité laissant dans l'histoire des traces intrigantes et fascinantes. Atlas Obscura satisfait une soif de voyage autant qu'une soif d'émerveillement. 650 notices captivantes, 750 photographies, 150 illustrations et infographies, 100 cartes originales

L'été s'achève, du moins sa part dédiée aux vacances. La rentrée sera compliquée me semble-t-il. C'était d'autant plus agréable d'engranger quelques bons moments, en provision. Car j'adhère au point de vue de Voltaire  lorsqu'il déclare : "  J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé". On peut toujours essayer.

samedi 18 juillet 2020

"Puisses-tu garder au vent de ta branche tes amis essentiels."



Activité intense ce dernier mois de juin. Participation au Forum Social Mondial des Economies transformatrices. Il devait se tenir à Barcelone et il a été transformé en forum virtuel. Gros travail de préparation en catastrophe après un arrêt de trois mois. Travail collectif avec ses aléas et ses ratés mais aussi ses succès. Plus de 1400 participants, 400 structures d'une centaine de pays. La version en présentiel est prévue en octobre mais il pèse sur l'avenir tant d'augures sombres qu'on ne sait plus ce qu'on peut espérer sauver du marasme qui s'annonce. On est effaré de constater ce que cette pandémie a déclenché et on peut s'étonner qu'elle ait pris l'ampleur que les médias relatent. Car il s'agit d'un récit, orchestré on ne sait par quel démiurge. Allons nous reconfiner? Oui si ça arrange nos zélites zélées qui sont embarqués et nous ont embarqués dans une drôle de galère. On ne souhaite pas glisser vers le complotisme mais quand même on n'avait jamais vu ça, mettre à l'arrêt l'économie mondiale. Pas toute l'économie cependant. Nos chers GAFAM se sont prodigieusement gavés et nous ont conditionnés par là-même à dépendre de leurs sources pour nous ravitailler : fermeture des marchés de plein vent mais hypers ouverts (un paradoxe), fermeture des librairies mais Amazon a cartonné, fermeture des cinémas mais Netflix vous sert à demeure et travail à distance à tout va introduit en toute impunité. Résultat, les PME vont souffrir voire s'écrouler, tout le secteur de la culture est sinistré, la peur pollue les relations de proximité, les voyages sont restreints à ceux qui ont de gros moyens. On installe la 5G sans le consentement des citoyens et le vaccin va servir de laisser passer, il faudra montrer "patte blanche" pour avoir le droit de circuler. Un livre écrit par Ira Levin dans les années 50 intitulé "Un bonheur insoutenable"  décrit un monde régi par une entité invisible "UNI" l'ordinateur super puissant qui régule l'uniformisation des humains réduits à l'obéissance sans moyen de contester. Une dystopie parmi d'autres produits de science fiction qui m'avait fait grande impression et que j'ai envie de relire tant elle fait écho aux temps actuels.

Un Bonheur Insoutenable   de ira levin  Format Poche  


Heureusement, l'été nous offre de belles journées avec alternance de soleil pour nous soutenir le moral et pluie pour aider la végétation alentour à garder de belles couleurs.
Un été au jardin, le mien ou celui d'amies.

Vue de ma fenêtre, le matin, acanthes et seringuas

Vue de la terrasse, fushias et rosiers

La mare chez Danièle
La réunion rituelle du groupe lecture où nous dressons le programme de l'année à venir

L'albizia chez Françoise
Un spectacle que je n'avais pas vu depuis très longtemps
 Et mes chers amis, ceux qui m'ont accompagnée depuis les belles années de la vingtaine jusqu’à ce jour, ont fait un petit passage sur la colline. Bien-sûr nous avons parlé de nos supputations sur la suite après ces jours un peu étranges que nous avons vécus en privilégiés (à la campagne, sans menace extrême) mais un peu ahuris par l'avalanche d'informations contradictoires, de conseils assommants proférés comme s'adressant à des enfants  immatures. Nous ont manqué, oui, les amis, les enfants, la bonne chaleur du partage et c'était donc un vrai bonheur d'ouvrir une bonne bouteille et boire à la liberté retrouvée. Mais pour combien de temps? 

*Le titre est  emprunté à René Char, Le Risque et la pendule (in La Parole en Archipel, 1962)