vendredi 24 novembre 2017

Autoportrait

Quand j'étais petite, ma mère m'appelait miss pourquoi. Il parait que j'agaçais le  monde à ne jamais me satisfaire des explications qu'on finissait par me concéder après avoir subi le siège de mes questions.


Plus tard, au lycée, je me faisais foutre à la porte parce que je tenais odieusement tête à mes professeurs, surtout celui de maths, un Tournesol égaré entre nos bancs, qui n'aurait jamais dû quitter le labo.  Plus tard encore, j'ai souvent joué le rôle de la pétroleuse qui se mêlait des conversations des hommes quand ses copines se peignaient sagement les ongles de doigts de pied. Tais-toi un peu disait
ma mère, baissez-les yeux disaient mes professeurs, tu veux toujours avoir raison hoquetaient mes amants (entendre, tu refuses que j'aie toujours raison).  



 
Ces habitudes détestables me sont restées, ces travers ont perduré : poser des questions, refuser l'autoritarisme et résister à la mauvaise foi de Jules ou de Jim (que j'adore poupouler par ailleurs, mais vous savez comment ils sont Susceptiiiibles!). A part ça, j'entretiens un commerce très doux avec les enfants, les animaux, les plantes et j'ai le goût de l'amitié.  



 
Un jour, je me suis installée devant mon ordinateur, sous un arbre à palabres, face au bel horizon et de ce lieu virtuel, je persiste et signe.

J'ai retrouvé ce texte que j'avais écrit à la suite d'une sollicitation de l'ami Dexter qui a disparu de la blogosphère. J'ai ajouté les photos

11 commentaires:

La Feuille a dit…

Beau texte. Merci de ta présence Zoë et de la persistance de ton "mauvais esprit" ! Il est clair que globalement, les gens qui ont tendance à donner sans cesse des coups de pied dans la fourmilière ne sont guère appréciés. Ma trajectoire est un peu la même sauf que ce n'est pas avant le lycée que je me suis réveillé !

Patrick Verroust a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
patrick.verroust a dit…

Bonjour Zoë,

Très sympatriques cet autoportrait qui révèle quelques traits de votre personnalité qui font aller de surprise en surprise. Je lis vos articles avec constance ( sans C majuscule) , jamais, je vous aurais imaginé en mousquetaire , flamberge au vent, pointant les torts avec raison , et , en particulier les assertions mâles ,à propos ,au risque de vous porter tort dans vos relations affectives. Qui dépassent les lois de la raison pure..Je découvre, aussi, que vous eûtes des amants, moi qui vous imaginais en bonne sœur, égrenant son chapelet pour réciter le rosaire écolo, ne se laissant en rien distraire par aucune distraction ...Quoique qu’il existe des amantes religieuses….
Je me garderai, bien, de vous donner tort, d’autant plus que je suis, aussi, génétiquement, un questionneur et raisonneur….Je suis doté d’un « humour » qui me permet des insolences « légales » , imparables dont de lointains condisciples se souviennent encore….Je suis , moi aussi, taxé d’avoir toujours raison, ce en quoi mes contradicteurs ont tort…..Je peux le démontrer. Statistiquement, à l’expérience, mes probabilités d’avoir tort sont si faibles qu’elles ne valent pas la peine d’être considérées, d’autant plus que ce n’est pas parce que j’aurais tort que le contradicteur aurait raison….Qui plus est, quand il m’arrive de reconnaître avoir tort , et bien , ce faisant, j’ai raison , ce qui conforte l’assertion originelle...C’est avec raison, qu’il faut se construire une carapace, car le tort tue bien de velléités de la raison qui avance de ce fait à petits pas désespérants.
Bien entendu, on pourrait débusquer ce qui ce cache derrière cette accusation, les jeux de pouvoirs de domination, l’absence d’esprit, surtout critique, avec sérieux, plutôt, comme je me suis permis de le faire, par des raisonnements tordus mais l’esprit de tolérance ne pourrait faire du tort à ceux, nombreux, qui n’ont ni esprit ni tolérance...Il n’empêche qu’être ainsi catalogué, formate, casse…
J’ai contesté, lycéen, bien des prétendus savoirs, exposant des hypothèses scientifiques, qui furent combattues mais se révélèrent , justes ,des années après. Je vais quitter ce billet pour partir à une conférence dans un lieu dont je pressentis la nécessité dans les années 70, nécessité qui mit 40 ans à trouver une réponse, encore , partielle. Je ne m’aigris pas facilement malgré un régime strict mais les pensées figées , bloquant les innovations indispensables me laissent perplexes…. L’actuel président pointe, avec justesse, des maux, juridiques qui auraient du être dénoncées , il y a 40 ans mais furent mis sous le boisseau ...Il peut, derechef, y apporter des réponses , au moins ambiguës voire pires...
Vos photos expriment votre personnalité acérée et déterminée...Merci de cet autoportrait plein d’entrain...

Zoë Lucider a dit…

@La feuille, quel plaisir de vous retrouver sous l'arbre ! Je me doutais bien que vous étiez de l'espèce récalcitrante, votre blog l'atteste. Je n'ai pris conscience de ma tournure d'esprit que bien après qu'elle se soit exprimée spontanément. Rebelle j'étais mais cela m'était renvoyé comme expression du mauvais esprit d'une qui voulait faire la maline. C'était aussi cela en partie, sortir du lot des moutons bêlants et rejoindre les rives des poètes énervés que je lisais à l'époque. Et gracias à la vida, in fine.
@PV, que fait donc l'actuel président qui réclame votre admiration ?

Dominique Hasselmann a dit…

jolie remontée dans le temps !
Tu as oublié les manifs près du lion de Denfert-Rochereau...

Et beau choix de photos. Garder un esprit de résistance (quel que soit le Président, comme notre as du bonneteau actuel, c'est essentiel !

Continue à faire pousser ton arbre.

Dominique

Zoé Lucider a dit…

Cher Dominique il nous faudrait un prochain rendez-vous pour se reparler du Lion :-)

patrick.verroust a dit…

Je ne vois où est l'admiration dans mon propos....Les problématiques de l'évolution des entreprises , de la nécessité de se restructurer , avec pour corollaire une protection forte des salariés pas figée sur le seul droit du licenciement , l’assiette des impôts locaux, la remise en cause des impôts fonciers ont été posées dans les années 1970. Elles auraient pu donner lieu à des réformes audacieuses,dont la gauche aurait pu être porteuse dans une perspective sociale démocrate, vigoureuse. Cela ne fut pas fait...Dans ces failles, le néo libéralisme s'engouffre au profit des uns et dans l’indifférence de la casse sociale,finalement, tolérée par le plus grand nombre....Les dénis de réalité, l'hypocrisie et les faux semblants ouvrent des boulevards aux cyniques qui peuvent opérer au milieu des décombres d'une société en décomposition...et le pire est , peut être à venir....Me voilà , bien loin d'un commentaire qui m'amusait !!!

Tania a dit…

Chouette autoportrait - questionneuse et rebelle, tendre et résistante - et de belles photos, merci Zoë pour cette apparition sous l'arbre, inattendue. Bons baisers de Bruxelles.

Zoë Lucider a dit…

@PV,les boulevards sont en effet ouverts il faut croire!
@Tania, merci chère Tania, j'ai eu beaucoup de plaisir à vous rencontrer à Bruxelles au MIM. Merci de me l'avoir fait connaître. J'y suis revenue pour admirer la fabuleuse collection d'instruments de musique réunie dans ce très bel espace..

Bonheur du Jour a dit…

Un très beau texte lu en ce lundi matin. Merci.
Bonne journée.

patrick.verroust a dit…

Label Zoë,,

A travers les images envoyées par les médias, je n'aime pas ce personnage. De fait, il débusque d des lièvres qu' un aggiornamento général a laissé proliféré jusqu'à dissolution du politique et des contre pouvoirs...Il les traite avec ambiguïté, dans des mesures fourre-tout où il y a à boire et à manger. Il est clair que certains seront mieux nourris que d'autres...le mot d'ordre est "soyez riche et bien portant plutôt que pauvre et malade".....
Ma conviction est que notre civilisation doit changer ses paradigmes. Elle le fera J'espérerais qu'elle prenne la direction que vos billets prônent. Je suis plus que septique...L'humain avance mais en marche arrière , il est atteint , parfois, de velléités bienveillantes mais il est, toujours, capable du pire ...Quand la jungle aura disparu, il en restera la loi...Bon courage...malgré ce sentiment lourd et tenace d'un "après" lourd, insupportable, il faut continuer....Il faut mettre sur les maux, des mots tant qu'il y en a , des mots ....Merci Samuel Beckett !!!!