mardi 24 mars 2026

Ne pas se laisser abattre

 

Heureusement que la culture nous permet d'échapper  à la totale déréliction dans laquelle le monde actuel nous plonge. Folie meurtrière au Moyen Orient et aux portes de l'Europe, sombre perspective des résultats des Municipales, en tout cas dans ma petite ville et ailleurs où le Rhaine engrange des records de votes et même si au final il n'emporte pas toutes les villes qu'il convoite le nombre des élus dans les conseils municipaux promet de sérieuses dérives. Chez moi, la gauche s'étant scindée en deux grâce à la propagande soigneusement orchestrée par ceux qui craignent pour leurs prébendes et autres conforts octroyés par un système qui  devient délirant et délétère, le choix s'est fait une fois encore contre et non pour.   C'est très pénible d'assister aux flots de haine déversé à jet continu dans les médias. Le dernière illustration en date est le traitement infligé au maire de Seine Saint Denis élu au premier tour sous l'étiquette des Insoumis. 

Seul commentaire pour ma part, celui d'Alphonse Daudet

   La colère des faibles du ciboulot et des rétrécis du cœur.

Ces jours-ci j'ai assisté à l'une des dernières représentations de la compagnie sans gravité dont j'ai reproduit ici le leitmotiv du spectacle "Le déluge" que je ne saurais mieux décrire qu'en vous invitant à visionner ce teaser et cet autre . C'est un régal d'absurdités intelligentes, de maitrise déguisée en maladresse avec en fond sonore une radio qui diffuse d'épouvantables nouvelles du monde scandées par ce discours lénifiant "ce n'est pas parce que la situation est désespérée qu'il faut se laisser abattre". On rit beaucoup des démêlés du clown jongleur avec ses astucieuses machines improbables et pourtant la réflexion de fond est bien la domination du désastre qui est figuré à la fin par le fameux déluge. 

Ironiquement les quatre jours de clôture de ce spectacle qui a tourné pendant dix ans s'intitulait :

Le spectacle était précédé d'une déambulation menant à une exposition de machines étranges jouant avec la lévitation des objets et la loufoquerie d'automates fabriqués à base d'objets insolites


Au nombre de mes dernières lectures "Mon refuge et mon orage". Je l'ai repéré dans ma chère librairie l'Autrucherie  avant que l'écrivaine ne soit invitée par Trapenard à La grande librairie


Je connaissais surtout l'activiste, la militante altermondialiste dont les prises de positions lui ont valu des moments passés en prison. Son livre en fait d'ailleurs état mais le coeur du livre est dédiée à la vie tumultueuse de sa mère qui ne lui a jamais prodigué l'amour qu'elle en espérait mais qui a consacré son énergie à l'éducation en créant une école dont les méthodes ont rallié de plus en plus de familles de sorte qu'elle a pu l'agrandir et la perfectionner en dépit des difficultés qu'elle a rencontrées. Un livre au final comme un hommage à la femme libre, volontaire qui a tracé son chemin dans une Inde très soumise au système de castes que Ms Roy (ainsi la nomme sa fille) n'a jamais accepté. La famille est issue de la communauté des chrétiens syriaques mais mère comme fille sont agnostiques et refusent délibérément d'obéir à l'étiquette des castes. Arundhati se tiendra auprès des révoltes des Dalits (intouchables) dans leurs combats pour sauver leurs terres de la spéculation des multinationales.  

Le printemps est là et je plante et replante. Très bon exercice pour échapper à la folie des hommes. Il me vient l'envie de créer un mouvement  et de l'appeler "Y'en a marre" comme celui des jeunes Sénégalais qui n'en pouvaient plus de leur gouvernement de vieillards autoritaires. Y'en a marre de la domination masculine qui s'exprime en ce moment à coups de bombes et de drones mortels. Non seulement ils tuent mais ils aggravent épouvantablement le réchauffement du climat et la pollution, tout en spéculant honteusement sur les prix du pétrole. Alors oui, y'en a marre! 

Heureusement grâce à l'amitié, on ne se laisse pas abattre     

Bouquet offert par ma voisine dont le jardin est orné d'un somptueux mimosa.