samedi 5 mai 2012

En attendant Godot

Je vous propose un récapitulatif de mes dernières pérégrinations, en attendant que nous sachions qui sera le visiteur du soir, demain.
Il y a quelques semaines, de passage à Paris, je suis allée visiter "Gaulois, une expo renversante" à La Villette. J'y ai appris que Vercingétorix a été mis à toutes les sauces nationalistes, fabrication d'une figure héroïque très éloignée de la vérité historique. Voyez ci-dessous comment le Maréchal l'employait à recruter la belle jeunesse.

Lien
A La Villette, justement, j'ai assisté à la lévitation d'un bouddhiste (avec force traction par grue). Il s'agissait d'une performance artistique d'un certain Li Wei.

Je suis allée quelques jours à Berlin. J'ai été impressionnée par le contraste entre la partie Est où les vieux immeubles sont pleins de rustines et le clinquant des bâtiments rutilants installés dans la béance laissée par la démolition de l'ancien mur .
A l'est les grandes artères n'ont pas été débaptisées et on glisse de Karl à Staline. Un petit clin d'oeil avec cette Karl Marx Allee.


Le premier mai à Toulouse, le traditionnel défilé avec beaucoup de pancartes "dégage et casse toi". J'ai choisi de vous présenter les intermittents du spectacle déguisés en Capucins et arborant des pancartes "In Kinder we trust", Travail, famille party" etc.

Et pendant ce temps là, elle coule, vaste et puissante La Garonne, tandis qu'au loin on peut voir les sommets enneigés des Pyrénées.

Un petit souci tout de même. Le vote électronique reste particulièrement opaque. Ils n'oseront pas! Si ?

Photos ZL

dimanche 29 avril 2012

Je dis ça, je dis rien.

L’austérité pour les peuples,
des milliards pour les dépenses militaires

Le Mouvement de la Paix
Paris, le 26 avril 2012

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Le SIPRI, l’Institut International de Recherche pour la Paix de Stockholm, a publié les données de son étude annuelle concernant les dépenses militaires mondiales en 2011.


Dépenses militaires mondiales par région, de 2002 à 2011. En milliards de dollars 2010


Dépenses militaires mondiales par région, de 2002 à 2011. En milliards de dollars 2010

«De record en record, les dépenses militaires mondiales atteignent en 2011 la somme extravagante de 1738 milliards de dollars » dénonce Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix.

L’institut suédois note cependant une quasi-stabilisation puisque, en termes réels, l’augmentation par rapport à 2010 n’est plus que de 0,3%. La crise semble donc avoir ralenti la course folle à la mort. «Ce haut niveau signifie cependant qu’en pleine crise, la part des richesses mondiales détournée dans les dépenses militaires reste à un niveau insupportable alors que les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui visaient à réduire de moitié l’extrême pauvreté seront loin d’être atteints » note le responsable pacifiste qui poursuit «il faut d’urgence réduire massivement les dépenses militaires pour consacrer ces sommes au développement des services publics et à la satisfaction des besoins sociaux, contribuant ainsi à la construction d’un monde plus juste et plus sûr ».

La France, qui conserve un niveau de dépenses très élevé, est passée du 3ème au 5ème rang des pays aux dépenses militaires les plus élevées en 2011 du fait de la très importante augmentation (+9,3%) des dépenses militaires russes. Elle reste avec les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’un des pays les plus à la pointe de cette course mortelle. «Triste record » déplore Pierre Villard. Il poursuit « la France aurait tout à gagner à investir dans la construction de la paix, plutôt que dans la poursuite des guerres ».

Le budget français de la Défense s’élevait à 32,15 milliards d’€ en 2010, à 31,19 Md€ en 2011. Il devrait passer à 31,83 Md€ en 2012, en augmentation de 1,8% et avoisiner encore les 32 Md€ en 2013. C’est le 3ème poste budgétaire de l’État. Dans le même temps, de nombreux discours affirment que la France (qui a encore 4000 soldats en Afghanistan) n’a pas d’argent pour financer les besoins sociaux !

Pour notre pays, nous demandons la diminution du budget militaire et le transfert des économies réalisées :

- Au développement des services publics de base : éducation, santé, recherche, aide aux personnes âgées, culture, …

- Au financement des politiques d’emploi et de ré-industrialisation

- A la protection de l’environnement et à promotion des sources d’énergie renouvelables

- A la promotion et au développement d’une culture de la paix et de la gestion des conflits à tout niveau (depuis la formation à la médiation à l’école jusqu’au développement d'actions diplomatiques internationales pour la paix).

A l’occasion de la journée mondiale du 17 avril dernier pour la réduction des dépenses Lienmilitaires, le Mouvement de la Paix a réitéré sa proposition de mettre en débat la réduction de moitié des budgets militaires pour les 10 ans à venir.


Le Mouvement de la Paix
Paris, le 26 avril 2012


vendredi 27 avril 2012

Un peu de douceur dans ce monde de

« Il est impossible de démêler les différentes émotions, la fierté, l’humilité, la pitié et la passion, que suscitent un regard d’amour heureux ou une caresse inattendue. Se faire beau, apprêter ses cheveux, parler avec éloquence, faire tout et n’importe quoi pour faire ressortir sa personnalité et ses attributs, et les magnifier aux yeux des autres, ce n’est pas seulement glorifier son propre être, mais offrir en même temps l’hommage le plus délicat. Et c’est dans cette dernière intention que les amoureux agissent ainsi ; car l’essence de l’amour est la bonté ; et de fait, la meilleure définition de l’amour est une bonté passionnée : une bonté, pour ainsi dire, devenue folle, importune et violente. »
Robert Louis Stevenson, « Tomber amoureux », Virginibus puerisque

Je vais souvent visiter  Périphériques pour y glaner les articles de Mona Chollet ou des citations comme celle-ci que je vous offre en exutoire à tout ce qui circule de violence importune mais n'est pas de l'amour.


Illustration : "baiser sur la joue"  moins célèbre que le baiser de l'hôtel de ville et pourtant si joyeux. Merci Monsieur Doisneau.

dimanche 22 avril 2012

Je sais tout mais je ne dirai rien.


Afin de fournir des munitions à nos éminents tricheurs des média qui vont tenter de passer outre l'interdit de publication des résultats avant 20 heures, je rajoute quelques messages codés à leur panoplie.

Un convoi de nains est annoncé rue du départ. (1)
Le Père Peinard a offert une rose rouge à sa fiancée. (2)
Le mariage de la Carpe verte et du Lapin rose est prévu prochainement.(3)
Infarctus en série chez les traders de la City.(4)
Embouteillages monstres à la frontière suisse.(5)
Il pleut des pétales place de la Bastille. (6)
Les hirondelles sont de retour, en rase-mottes.(7)
Une ex mannequin d'origine italienne ouvre une agence rue des boutiques obscures. (8)
Sous les pavés, la plage attend. (9)
Le vieux paquebot reprend du service. (10)
Rien de nouveau sous le soleil. Je répète rien de nouveau sous le soleil
Le concours pour le prix du sang et des larmes est relancé. (11)

Je reconnais que mes messages codés sont moins explicites que ceux de l'hebdo sus-nommé (il faut cliquer tout en haut), mais sinon c'est un peu facile. Il va sans dire que certains ont davantage ma préférence, mais chut, il n'est pas 20h.
Sauras-tu deviner le sens crypté de ces énoncés laconiques ?

Dernière minute (posté ce jour d'après). La Marine a donné une fessée au petit Narko, serrons les coudes les amis, l'avenir vertdegrise.

mercredi 18 avril 2012

A bas les vieilles badernes.


Le roi Juan Carlos d'Espagne dont on annonçait qu'il allait devoir un tout petit peu se serrer la ceinture, n'a pas hésité à consacrer la modique somme de 37000 euros pour aller dézinguer un gros zéléphant.
Comme il s'est cassé la figure, du moins la hanche, son escapade au Botswana n'est pas passée inaperçue. Elle a énervé les Espagnols à qui on demande de retirer le beurre de leurs épinards, mais également les défenseurs des espèces menacées dont l'éléphant.
Le Roi s'est fendu d'excuses marmonnées pitoyablement j'le ferai plus. A son âge, il est temps en effet qu'il dépose les armes, la prochaine fois il risque de se blesser grièvement. Son petit fils de 13 ans s'est tiré dans le pied,(sénilité précoce?). Il est utile de préparer précocément cet enfant d'un tempérament aimable si on en croit les gazettes. D'un naturel angoissé, Froilan avait fait parler de lui en mai 2004, lors du mariage du prince héritier Felipe et de la princesse Letizia, lorsqu'au beau milieu de la cérémonie les caméras de télévision l'avaient surpris donnant des coups de pied à l'une de ses cousines. On apprend dans la foulée que "Le passé de la famille royale d'Espagne a été marqué par un accident tragique, survenu le 29 mars 1956 à Estoril, au Portugal, durant la Semaine Sainte. Juan Carlos, alors jeune élève officier de 18 ans, et son frère jouaient avec un revolver dans la demeure familiale lorsqu'un tir accidentel avait tué ce dernier, Alfonso".
On ne sait si ce jeune homme plein d'avenir avait eu le bon goût de promettre, en l'occurrence, qu'il ne le ferait plus mais pour l'éléphant, il s'est fendu d'une contrition publique. "C'est absolument nouveau. Jamais il ne s'est produit un tel épisode, que je sache, où un roi a présenté ses excuses pour son comportement", remarque Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel et expert de la monarchie espagnole". C'est vrai ça, un monarque qui admet sa connerie, c'est assez rare pour le souligner.
Il y en a eu pour lui trouver quelques excuses. Le premier ministre Rajoy par exemple : c'est un si bon roi, le plus ferme défenseur de la communauté des pays ibéro-américains dans le monde entier. On peut bien lui pardonner quelques petites folies. D'autant que ces safaris sont très encadrés et que ça n'a rien à voir avec les chasses de braconnier qui tuent pour les défenses de l'animal. Le Roi, lui tue pour le plaisir, par pour de basses transactions lucratives.
L'association Igualdad Animal souligne pour sa part qu'il n'existe "pour un éléphant pas de différence entre être tué "illégalement" à des fins de transaction, pour ses défenses en ivoire ou pour satisfaire l'exercice de la vue d'un monarque".

Et je suis bien d'accord avec l'éléphant.

Illustration : j'aime beaucoup cette photo que j'avais trouvée chez Luc Lamy et déjà publiée mais je ne sais plus quand.

jeudi 12 avril 2012

La Sorcière se gratte la tête



Bien que se tenant prudemment en lisière du grand chahut médiatique, la Sorcière ne parvient pas à éliminer tout à fait la puissante corrosion produite par la scie journalière sur ses nerfs. La danse des épouvantails brandis jour après jour, bien que ne l'effrayant nullement (insignifiantes fantocheries) est juste si lamentablement prévisible qu'elle lui procure une démangeaison du balai qui tend à devenir frénétique.
La Sorcière déteste le principe présidentiel. Le culte du grand homme providentiel lui brise menu le sens commun : comment encore envisager au vingtième siècle ces vieilleries psychiques, le grand chef, le leader suprême. On espère que le remplaçant du dernier en date va se faire plus léger sur l'estrade, mais la fonction crée l'organe, hélas.
Comme la Sorcière a le sentiment qu'il faudrait tout remettre à plat, et balancer dans la poubelle des déchets ultimes un bon peu de l'attirail constitutionnel actuel, elle se plonge dans la lecture de la Constitution (qui date de 1958, avec quelques rajouts essentiels comme l'interdiction de la peine de mort par exemple). Elle n'est pas si mal fichue tout compte fait. Il suffirait peut-être de mieux l'appliquer. Ainsi le boulot du Président de la République est de veiller " au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État". Arbitrer, ce n'est pas se mêler de tout et à chaque instant. Et il y a un Conseil constitutionnel pour ça aussi, pas élu celui là mais nommé.
L'article 40 par exemple : Les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une
diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge
publique.
Ça donne à réfléchir par exemple sur l'augmentation des salaires de nos mandatés ou le bouclier fiscal instauré dès 2007.
Or donc pourquoi un président quand il y a un premier ministre ? Pourquoi tant de députés (577) et de sénateurs (348) quand nous avons aussi les Conseillers régionaux (209 rien que pour l'Ile de France), les généraux (293 cantons en Midi Pyrénées par exemple) et 36 680 communes en métropole et DOM (dont 36 568 en France métropolitaine), 69 dans les collectivités d'outre-mer et 33 en Nouvelle-Calédonie
Oui décidément, il faudrait revoir tout ça. Mais par quoi commencer. Un vrai casse-tête.

Photo ZL Ombres sur le canal de l'Ourcq à la Cité des Sciences de la Villette, Paris, mars 2012.Lien

samedi 7 avril 2012

Assiettes chinoises

Alors que je ne cesse de m'agiter, je rêve d'immobilité. J'envie ma chatte qui vient se poser, au coucher du soleil sur le banc de bois précaire que j'ai installé en lisière du jardin pour mieux contempler la beauté du ciel à l'heure où le jour bascule dans la nuit. La chatte, finaude a bien compris l'intérêt du dispositif. Elle me regarde de temps à autre tailler frénétiquement les branches endommagées par l'hiver sévère.


Alors que je voudrais me figer dans l'intemporel, je suis actionnée par toutes les ficelles qui me relient à mes engagements. Je suis prise en otage par mes propres stupides décisions, consentements, allégeances, alignées sur un agenda.
Alors que je n'aime rien tant que lire et rêvasser, je parviens à peine à mener au bout les bouquins que j'entreprends, les journaux auxquels je suis abonnée, les textes qu'on me fait obligeamment parvenir.

Alors que j'aimais vagabonder chez mes amis blogueurs, je ne rend plus visite, qu'à peine, à quelques uns et de façon si fugitive.
Je me sens comme ces jongleurs de piles d'assiette qui ne parviennent à tenir en l'air leurs disques de plâtre qu'au prix d'incessantes courses entre chaque baguette et d'un juste doigté pour relancer la danse. De temps à autre une des assiettes se fracasse. (Je suis moins agile que l'artiste).
Et c'est le printemps, la sève se réveille, l'énergie fuse intensément.
Bon, je vais essayer de m'installer un peu sur la terrasse. Enfin pas ce soir, il est trop tard. Pas demain, je repars à Bordeaux. Enfin bientôt quoi.

vendredi 30 mars 2012

Sisyphe est malheureux


Je dois reconnaître que j'ai un peu de mal à reprendre le sillon sur le blog. Outre que je suis partie pendant plusieurs jours, pendant mon absence (relative) "l'affaire" * a explosé et je ne suis pas bien remise de ses conséquences.
A Toulouse, c'est une grosse émotion. Le quartier des Izards où l'ex "ennemi public" a passé sa petite enfance, je le connais bien et notamment cette rue des Chamois où était implanté un projet pilote de structure d'accueil de petits enfants (Beb'Izou) où on pratiquait la mixité sociale, la solidarité et la prévention précoce. C'est aussi de ce quartier que les frères Amokrane ont entamé leurs aventures culturelles (Vitécri, Origines contrôlées, Zebda) et politiques (le Tactikollectif, les Motivés). Ils sont effondrés. Ils vivent pour eux-mêmes et collectivement le drame de Sisyphe qui voit dégringoler le rocher qui a coûté tant d' effort à hisser au sommet de cette satanée montagne: "la naturalisation sociale". (Ne pas oublier que Sisyphe est puni d'avoir osé révéler ce qu'il savait des Dieux).

Un drame de cette envergure, outre le malheur qu'il inflige aux familles directement atteintes, entraine pour toute une population un surcroît de torture : se vivre comme appartenant dans l'esprit des autres à une engeance dangereuse, subir un amalgame outrageant, une nouvelle surenchère de mépris, craindre des représailles aveugles, l'excès de zèle des "gardiens de l'ordre. Bref renouer avec la peur et la mortification.

Un jeune homme en visite aujourd'hui, alors qu'il habite dans une petite ville du Tarn me confie que sa mère ne croise plus les femmes maghrébines qu'elle rencontre d'ordinaire. Elles auraient la consigne de ne pas sortir pour cause d'atmosphère dangereuse. En ont-elles seulement envie ? Ne sont-elles pas elles-mêmes horrifiées et sourdement anxieuses, tous les jours, de ce que leurs enfants risquent de vivre, qu'ils soient des fauteurs de trouble ou traités comme tels.

Je n'insisterai pas ici sur le dégoût et la honte ressentis à l'écoute de certains propos, alors que j'ai évité le plus possible les images et le cirque médiatique déployés. Mon absence du pays m'y a aidé.
Je ne m'appesantirai pas sur mon extrême perplexité devant un fait divers qui ressemble trop bien au scénario d'un mauvais film dont la sortie programmée est censée remplir les salles.

Dire simplement la désolation envahissant tout humain qui cherche à cultiver un peu d'espoir, timidement et au jour le jour d'échapper à la barbarie absolue.

*Je ne citerai pas le nom qui a tant circulé ces derniers jours.
Le titre rappelle la phrase célèbre de Camus "il faut imaginer Sisyphe heureux".

mercredi 14 mars 2012

En v'là du vrac en v'là !

Arcimboldo

Jean Michel Basquiat

Le printemps de retour, le jardin me mange tout le temps laissé disponible par le reste. Aussi, je ne peux vous proposer guère mieux qu'un petit interlude grâce à une moisson repêchée dans mes brouillons où je l'avais stockée. De l'hétéroclite à souhait.
Un Fabrice Luchini totalement barré.
Un Canadien qui nous délivre quelques constats utiles, ben ouais .
Une blague idiote.
En contrepoint : aidez le à perpétuer le courant d'air.
De toute façon qu'on se le dise les riches ne sont pas heureux. Bien fait !
Un moment d'anthologie : Nasser et le voile.
Pour accompagner dignement cette composition totale foutraque il fallait au moins Marcel et son orchestre

That's all folks. Que la vie vous soit clémente.

jeudi 8 mars 2012

D'habitude on range, aujourd'hui on dérange !

D'habitude on range, aujourd'hui on dérange, un des slogans phare de la manifestation "grève des femmes" du 8 mars à Toulouse. Une manif joyeuse, bourrée d'énergie, de chants et de rires



Les artistes du collectif cocktail ont ponctué la manifestation de leurs performances


Ici devant le TNT ( Théâtre National de Toulouse, en collants couleur clair, accompagnées d'une musique ad hoc, elles écrivent sur la vitre façade du TNT au rouge à lèvres "art must be beautiful / artist must be beautiful" en référence au manifeste de l'artiste Marina Abramovic qui dénonçait avec cette performance l'injonction à la beauté qui est faite aux femmes dans l'art.
Puis elles nettoient ces écritures avec des chiffons pendant que l'une d'elles déclame les chiffres du rapport du ministère de la culture 2006

– 97% des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes.
– 94% des orchestres programmés sont dirigés par des hommes.
– 85% des textes que nous entendons ont été écrits par des hommes.
– 78% des spectacles que nous voyons ont été mis en scène par des hommes.
– 57% ont été chorégraphiés par des hommes.

Ce sont des hommes qui dirigent :
– 92% des théâtres consacrés à la création dramatique.
– 89% des institutions musicales.
– 86% des établissements d'enseignement.


Devant la Préfecture, elle sont debout et silencieuses, avec devant chacune d'elle une pile de papiers. Elles en font des boulettes qu'elle font semblant d'avaler ou fourrent dans leurs collants, pendant qu'une femme du collectif dresse la liste des sévices subis par les femmes dès lors qu'elles sont immigrées : double et triple peine et qu'on entonne "Laissez passer les sans papiers".




Devant les Galeries Lafayette, une pile de vêtement à leurs pieds, elles les enfilent les uns sur les autres. Une femme du collectif décline les difficultés des femmes dans leur univers de travail : salaires misérables, le travail féminin dévalué, la précarité imposée, le harcèlement des petits chefs. Ajoutons la fréquence des violences (un viol toutes les sept minutes, un meurtre tous les trois jours), les femmes en ont assez et l'ont hurlé dans la rue.

Un peu de nettoyage, une habitude. Pire, une manie, n'est-ce pas, et il y a beaucoup à faire, sans conteste.

Une jolie clown distribue des bisous sur toutes les joues, qu'on soit au cœur du cortège ou sur les trottoirs .
Une belle occasion de recharger ses batteries d'énergie 100% écologique et de constater que la relève est en marche. Beaucoup de jeunes femmes.

Lien Elle est bien jolie la relève.

Un rajout aujourd'hui (10 mars) une vidéo

dimanche 4 mars 2012

Du tag au tag



Euterpe m'a taguée en m'infligeant (ainsi qu'à plus d'une douzaine d'autres martyres) un questionnaire pas fastoche. Bon, allons-y.

Qui portait le surnom de "La Boiteuse" au XVIe siècle ?
L'arrière arrière ... grand mère de Sarah Bernhardt ?

Un grimpereau peut-il voler ?
En delta plane peut-être

Comment dit-on "pilote d'aérostat" en un mot ?
Un montgolfier ?

Quelle plante aimerais-tu humer à ton réveil (à part la plante des pieds) ?
Du lilas. Quand je vais chez la fleuriste je n'achète que du lilas.

Es-tu capable de te diriger dans l'obscurité ?
Ca dépend de où à où, j'évite les parapets.

Quelle est ta recette végétarienne préférée ?
Betterave et pommes râpées avec pignons, pointe d'ail et huile d'olive.

Que veut dire "rabotaïou" (et en quelle langue) ?
Corse peut-être, un avare?

Quel végétal a des feuilles à mille trous (fastoche) ?
Millepertuis, (raaah au moins une bonne réponse, nan ?)

A quand ton premier saut en parachute ?
Mon premier serait mon dernier : arrêt cardiaque

De qui aimerais-tu un autogramme ?
Jimi Hendrix

Quelle écrivaine francaise a écrit la pièce de théâtre "Le Mallade" (avec deux "l" ; question pour seiziémiste) (pas facile) ?
Une écrivaine imaginaire.

Voilà un post rondement mené. En ce moment c'est juste parfait. pas bien le temps de faire mieux.
Comme je ne taguerai personne, je n'ai même pas à inventer onze nouvelles questions mais je vous laisse un lien vers un questionnaire célèbre . Naturellement vous pouvez dans vos commentaires reprendre tout ou partie de ce questionnaire. Vos réponses m'intéressent.

vendredi 24 février 2012

Cette France-là

Dominique Hasselmann (qu'il en soit remercié) donnait à voir ce jour dans son TàG quelques photographies de Reza, peintre iranien.
J'ai suivi un lien menant au très beau webistan du photographe. J'en ai extrait cette photo commentée par ce qui suit et qui m'émeut, tant je crains que même cela soit menacé.



La France est le pays d’accueil de mon exil. Elle est mon port d’attache sur ma route de nomade. La France est le pays d’accueil de nombreux exilés politiques ou économiques, qui ont trouvé ici une terre où vivre plus librement, plus démocratiquement, plus justement. Il existe une association, France Terre d’Asile (FTDA), qui, depuis de nombreuses années, aide les réfugiés dépourvus de repères qui arrivent sur le sol français. Durant les premières semaines de leur vie dans cet ailleurs si différent de ce qu’ils ont connu, ils peuvent vivre dans deux centres de FTDA, l’un à Puteaux, l’autre à Créteil.
Pendant que les parents suivent des formations et mènent les démarches administratives nécessaires à leur intégration, des éducatrices aimantes et dévouées s’occupent des enfants. Si la communication ne peut se faire par la parole, elle se fait par la chaleur et la sincérité de leur amour. Cette France-là, loin des barreaux, du racisme et de l’intolérance, est le pays d’accueil de mon exil.

(...)

L'histoire de Reza n'a rien d'anodin.
La connaître, c’est obtenir la clef pour mieux comprendre son travail. Né il y a 50 ans en Iran, il découvre très vite une arme formidable pour défendre la liberté : le journalisme. A l’ère des dictatures – celle du Shah d’abord, du régime islamiste ensuite – il ne fait pas bon être rebelle. Reza connaît la prison, la torture, l’exil.
Depuis 1981, date de son départ du pays natal, il habite de ce côté-ci du monde, celui de l’Occident. Mais régulièrement, il refait sa valise, visse son objectif et repart de l’autre côté, vers ceux qui vivent la lutte et la douleur.
Du Maghreb à l’Asie, de l’Afrique aux Balkans, Reza arpente le monde, ou plutôt son monde.

mardi 21 février 2012

Tous Grecs!

Je transmet une tribune parue lundi dans Libération. Je n'ai rien de plus nécessaire à exprimer. Merci Raoul et Yannis.



LA GRÈCE, BERCEAU D'UN AUTRE MONDE

Pour un soutien au combat du peuple grec et pour une libération immédiate des manifestants emprisonnés.

Non, bien que dramatique, ce qui se déroule en Grèce n'est pas une catastrophe. C'est même une chance. Car le pouvoir de l'argent a, pour la première fois, dépassé allègrement le rythme jusque-là progressif, méticuleux et savamment organisé de la destruction du bien public et de la dignité humaine. Et ce, sur une terre aussi réputée pour sa philosophie de vie aux antipodes du modèle anglo-saxon que pour sa résistance inlassable aux multiples oppressions qui ont tenté de la mettre au pas. Le Grec ne danse pas et ne dansera jamais au pas de l'oie ni en courbant l'échine, quels que soient les régimes qu'on lui impose. Il danse en levant les bras comme pour s'envoler vers les étoiles. Il écrit sur les murs ce qu'il aimerait lire ailleurs. Il brûle une banque quand elle ne lui laisse plus les moyens de faire ses traditionnelles grillades. Le Grec est aussi vivant que l'idéologie qui le menace est mortifère. Et le Grec, même roué de coups, finit toujours par se relever.

Oui, l'Europe de la finance a voulu faire un exemple. Mais dans sa hargne à frapper le pays qui lui semblait le plus faible dans la zone Euro, dans sa violence démesurée, son masque est tombé. C'est maintenant, plus que jamais, le moment de montrer du doigt à tous son vrai visage : celui du totalitarisme. Car il s'agit bien de cela. Et il n'y a qu'une seule réponse au totalitarisme : la lutte, tenace et sans concession, jusqu'au combat s'il le faut, puisque l'existence même est en jeu. Nous avons un monde, une vie, des valeurs à défendre. Partout dans les rues, ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos parents, qui sont frappés sous nos yeux, même éloignés. Nous avons faim, froid, mal avec eux. Tous les coups qui sont portés nous blessent également. Chaque enfant grec qui s'évanouit dans sa cour d'école nous appelle à l'indignation et à la révolte. Pour les Grecs, l'heure est venue de dire non, et pour nous tous de les soutenir.

Car la Grèce est aujourd'hui à la pointe du combat contre le totalitarisme financier qui partout dans le monde détruit le bien public, menace la survie quotidienne, propage le désespoir, la peur et la crétinisation d'une guerre de tous contre tous. Au-delà d'une colère émotionnelle qui se défoule en détruisant des symboles d'oppression se développe une colère lucide, celle de résistants qui refusent de se laisser déposséder de leur propre vie au profit des mafias bancaires et de leur logique de l'argent fou. Avec les assemblées de démocratie directe, la désobéissance civile, le mouvement « Ne payons plus » et les premières expériences d'autogestion, une nouvelle Grèce est en train de naître, qui rejette la tyrannie marchande au nom de l'humain. Nous ignorons combien de temps il faudra pour que les peuples se libèrent de leur servitude volontaire mais il est sûr que, face au ridicule du clientélisme politique, aux démocraties corrompues et au cynisme grotesque de l'Etat bankster, nous n'aurons que le choix – à l'encontre de tout affairisme – de faire nos affaires nous-mêmes.Lien

La Grèce est notre passé. Elle est aussi notre avenir. Réinventons-le avec elle !

En 2012, soyons tous Grecs !

Raoul Vaneigem et Yannis Youlountas

J'ajoute une info que je reçois ce jour qui me réjouis :

Grèce : A l'occasion de la cérémonie de commémoration de la libération de la ville, les élèves du secondaire de Ioannina (Nord de la Grèce, Épire)
défilent devant la tribune des officiels en détournant la tête et en envoyant des "moutzes" (insultes gestuelles).

Les défilés scolaires et militaires traditionnels de la fête nationale du 25 Mars à venir s'annoncent brûlants...


mardi 14 février 2012

Lisboa

Voyage au Portugal. Seulement deux petits jours à Lisbonne, le reste du temps dans un petit village plus au Nord, Chàos. Quelques points de vue où on peut constater qu'il faisait un soleil radieux. une moyenne de 14°, le choc thermique au retour a été brutal.



A Bélem, sur les bords du Tage, le monument salazariste à la gloire des grands conquérants du nouveau monde . On reconnait le style phallique caractéristique du délire de toute puissance des dictateurs


Les Portugais l'ont surnommé le "Poussez pas derrière". Il est vrai que les héros sont entassés et munis de leurs diverses machines à tuer ce qui rend dangereux une telle promiscuité.

Lisbonne est une ville toute en collines. S'y baguenauder exige une bonne qualité des genoux, (les pentes sont redoutables) et un pied sûr (les pavés volontiers glissants).

A gauche le Château Sào Jorge, il domine la ville bien-sûr et a été chèrement arraché aux Maures avant d'entrer dans la chrétienté. Au lointain le pont du 25 avril (inauguré en 1966 sous le nom de Salazar et rebaptisé après la révolution des œillets).


Il domine les Docks, zone reconvertie en haut lieu de la nuit lisboète (restaurants, boites de nuit, boutiques). Le bruit de la circulation sur le pont est obsédant et produit une sorte de musique sérielle.
Dans le port on peut contempler avec un rien d'effarement une de ces villes flottantes. Celle-ci navigue sous pavillon caribéen, ben voyons.



Dans le vieux quartier Alfama, se trouve le Musée du Fado. Musée modeste qui réunit les photos et les films montrant les gloires du fado dont de beaux portraits d'Amalia Rodriguez (Photos interdites), une collection de guitares à douze cordes, et un petit auditorium.

La nuit tombe sur la ville, on peut utiliser les tramways que les Lisboètes ont sagement conservés et qui dans ce quartier, grimpent bravement en grinçant et couinant, rasant les murs à certains endroits. Il faut être un piéton vigilant



Diner en écoutant chanter à tour de rôle deux hommes et une femme, en buvant un vin fort un peu âpre, en accompagnement d'une daurade et rentrer en métro (grande beauté des stations, d'une incroyable propreté) chez le couple qui m'a hébergée : un pasteur de l'église presbytérienne écossaise et sa femme une Brésilienne de Sào Paulo. Deux jeunes gens charmants qui adorent accueillir des gens de passage et ont choisi le Portugal comme un lieu leur permettant d'être à équidistance de leurs origines. Muito obrigada.
Lisbonne mérite mieux que ces deux journées et les quelques images (pas excellentes loin s'en faut) que je livre ici. Pour conclure un peu de saudade et la grande prêtresse.

samedi 11 février 2012

So long, Laurent.



 Laurent Perrin était un ami, un de ces êtres qui ont eu une place très spéciale dans ma vie. Nous nous étions perdus de vue depuis longtemps. Récemment son bel hommage au poète de la beat generation, Ferlinghetti, le dernier des beatniks, nonagénaire plein d'énergie, m'avait donné l'occasion de me remémorer la belle époque où nous buvions des verres, rue de Buci avec la tribu, une communauté éphémère d'êtres affamés d'exaltation et décidés à décupler la féérie des sens et du sens. Je garde en moi, vivant, ce beau sourire.